Après 79 jours de mer, le bateau est nickel mais le skipper a le moral à marée basse. Passe encore que le premier ait franchi la ligne jeudi, après 74 jours, 16 heures et 59 minutes de navigation virtuelle et que, pour prix de sa victoire, il ait été convié hier à accueillir les vrais marins aux Sables-d’Olonne. Non, ce qui lui file le bourdon, c’est de s’être fracassé dans une zone de pétole après avoir franchi le tropique du Cancer, entre les îles du Cap-Vert et l’archipel des Açores : quarante-huit heures à se traîner lamentablement à 5-6 nœuds, à se retenir de souffler sur l’écran de l’ordi pour gonfler les voiles, à se maudire de son imprévoyance, à se lamenter de dégringoler au classement.
Pourtant, il avait bien négocié la remontée de l'Atlantique : 25 000e au passage du Horn, 8 500e au large du Cap-Vert. Loin des premiers, mais avec quand même dans le rétro (on peut tout se permettre sur un voilier virtuel, pourquoi pas des rétros ?) plus de 450 000 adversaires engagés comme lui dans Virtual Regatta, le jeu du Vendée Globe en ligne.
Il avait enfin doublé Costadrica, le voisin de bureau avec lequel il se tire la bourre depuis le départ. De quoi justifier l'investissement de 20 euros, lâchés aux organisateurs pour s'offrir le kit «Voiles pro- Programmateur de cap-RegulAllure-WayPoints». De quoi légitimer la présence coûte que coûte devant un écran (ordi ou smartphone) à 8 heures et 20 heures, au




