L'enregistreur s'arrête. Hugo Lloris se lève, s'ébroue et sourit. La punition terminée, il devient presque disert, sa voix monte d'une octave et il hâte le pas pour la photo. Guilleret. Pendant cinquante minutes, le capitaine de l'équipe de France s'en est tenu à une litanie diplomatique : «Je ne suis pas dans le contrôle, je n'ai pas peur de faire ou de dire des conneries, sinon je ne serais pas gardien de but. Je reste sur la réserve, c'est ma personnalité, c'est tout. Je donne ce qu'il faut.» Beaucoup ? «Non ! Le nécessaire… Pour les questions personnelles, je protège mes proches. Pour le vestiaire, mes coéquipiers. Vous n'avez pas forcément besoin de savoir.»
Réminiscences du centralisme démocratique d'avant-hier ou faire-savoir corporate de l'époque, la mécanique des aventures collectives ne change pas. On lave les survêts en famille. Le portier des Tottenham Hotspurs l'a intégré depuis lurette. Son destin n'était pourtant pas écrit à l'avance. Fils d'une avocate internationale du droit des affaires et d'un banquier, produits de la méritocratie républicaine, Hugo Lloris reçoit une éducation qui lui permet de rester ouvert à toute éventualité : «Ils m'ont donné des bases évolutives qui traversent le temps et qu'on peut inculquer encore : le respect, le goût du travail, l'ouverture aux autres», concède-t-il du bout des lèvres.
Dès l'âge de 6 ans, Hugo sait. Il s'inscrit au Centre d'action culturelle de Cimiez (Alpes-Maritimes) et veut déjà être go




