Tout le monde était convaincu de venir voir le couronnement olympique de l’Américain Bode Miller en descente, ou de pouvoir vivre la bataille au couteau qu’il mène avec le Norvégien Aksel Lund Svindal, indéboulonnable leader de la Coupe du monde.
C’est Matthias Mayer, 24 ans, qui a ramené à son pays une médaille d’or que le ski autrichien attendait depuis longtemps, s’imposant devant l’Italien Christof Innerhofer (trente-huit ans que le camp transalpin espérait une médaille en descente) et le Norvégien Kjetil Jansrud. La victoire d’un outsider, un de plus, après le Suisse Didier Defago (Vancouver en 2010) et les Français Antoine Dénériaz (Turin en 2006) et Jean-Luc Crétier (Nagano 1998), voire l’Américain Tommy Moe (Lillehammer 1994) : des skieurs qui ont su dégainer le «jour J» à la barbe des favoris.
L'Autriche reprend ainsi la suprématie de la spécialité, quinze jours après la victoire symbolique de Hannes Reichelt à Kitzbühel. Fils de l'ancien champion Helmut Mayer, en argent en super-G à Calgary en 1988, Matthias n'a toujours pas gagné d'épreuve sur le circuit de Coupe du monde. Il faut dire que décrocher - ou conserver - sa place en équipe nationale d'Autriche est une priorité qui, parfois, coûte cher en énergie tant la concurrence est grande. «Fin janvier, j'étais plus tendu à Kitzbühel où tout est allé très mal pour moi, a expliqué le vainqueur. J'ai donc décidé de me concentrer uniquement sur ce que j'avais à faire.» Depuis son arrivée à Rosa Kouthor




