L’homme fascine et polarise. Pour les uns, il est arrogant, obsédé par le succès et l’argent, impitoyable. Pour les autres, il est serviable, humain, voire un brin sentimental. Depuis qu’a éclaté le scandale qui porte son nom, on connaît un troisième Uli Hoeness : l’intrépide, presque l’irresponsable, qui, des années durant, a jonglé en Bourse avec les millions, comme on joue au Monopoly. Mardi s’ouvrira à Munich son procès pour évasion et fraude fiscale.
Uli Hoeness, patron du Bayern Munich, roi de la saucisse et boursicoteur pathologique, risque jusqu’à dix ans de prison pour avoir dissimulé au fisc allemand 30 millions d’euros de gains boursiers via un compte en Suisse. L’acte d’accusation est lourd. Le procureur est convaincu que le patron du club de foot a, pendant des années, détenu un compte en Suisse uniquement destiné à assouvir sa passion du jeu.
Selon les déclarations du ministère public, Uli Hoeness est au bord de la faillite au début des années 2000 lorsqu’éclate la première bulle spéculative du siècle. En 2001, pour se «remettre», il se fait prêter 25 millions de Mark (5 millions en cash, 20 de caution) par son ami Robert Louis-Dreyfus, alors patron d’Adidas. L’argent - placé sur un compte en Suisse - ne sera utilisé que pour spéculer. Avec un certain succès : entre 2003 et 2010, Hoeness a réalisé 30 millions d’euros de gains et il n’aurait pas hésité à miser, sur un seul coup, jusqu’à plus de 100 millions.
Sur la même période, Hoeness accuse en Allemagne plusieur




