Peuh. Se déplacer à vélo en plein pic de pollution - comme celui à l’œuvre depuis mercredi pour l’ozone dans de nombreux départements - laisse souvent un goût âpre en bouche. Des enquêtes menées par les associations de surveillance de la qualité de l’air ont montré qu’en selle, on inhale pourtant beaucoup moins de gaz polluants (particules fines, dioxydes d’azote, ozone principalement) que les automobilistes. Même si, selon une étude irlandaise, ce sont les piétons et les passagers de bus qui restent les moins exposés.
A vélo, tout dépend de la proximité du parcours avec le trafic automobile et de l'intensité de l'effort. Les professionnels de santé se veulent rassurants. «Du moment qu'on n'inhale pas d'air à grand rythme, ce n'est pas dangereux», estime Isabella Annesi-Maesano, spécialiste des maladies respiratoires à l'Inserm.En résumé, si vous roulez à allure normale, en évitant les grandes montées, et que vous n'êtes pas particulièrement vulnérable ou sensible à la pollution de l'air, alors prendre le vélo ne présente pas de danger particulier. C'est même tout l'inverse. «Faire du sport représente un bénéfice sans commune mesure avec les inconvénients de la pollution. Alors surtout, ne vous privez pas !» dit Michel Aubier, pneumo-allergologue à l'hôpital Bichat, à Paris.
Une étude de l'Observatoire régional de santé d'Ile-de-France sur les risques sanitaires d'une augmentation de la pratique du vélo à l'horizon 2020 le confirme : «Les bénéfices en termes de mortalité d'une augmentation de la pratique du vélo en Ile-de-France seraient vingt fois plus élevés que les risques», parmi lesquels figurent les accidents et la pollution de l'air.




