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Le Tour de France cartes sur table

Publié le 03/07/2015 à 19h45

A l’origine de ce projet, l’idée était de dessiner une sorte de Tour de France type, de comprendre quels territoires étaient délaissés par le Tour et ceux qui, à l’inverse, étaient généreusement servis. Pour cela, il fallait une base de données, celle des départs et des arrivées d’étapes depuis 1903. Et cela peut paraître curieux, mais cette base n’existait pas. ASO recense bien ses villes-étapes, mais, au gré du fichier de l’organisateur de l’épreuve, on trouve quelques petites erreurs, ou encore des doublons. Et départs et arrivées ne sont pas dissociés : si une commune accueille une arrivée un jour puis un départ le lendemain, elle n’est comptabilisée qu’une fois, ce qui nous a semblé être un biais dans notre objet d’étude.

Il a donc fallu reprendre chaque parcours, depuis 1903, et construire, patiemment, cette base de données, non sans faire des choix et éviter quelques écueils. Longtemps, par exemple, le Tour a officiellement prétendu repartir de l’Alpe d’Huez juste après y être arrivé au sommet, alors que les coureurs prenaient en fait le départ au pied de l’ascension, au Bourg-d’Oisans. De même, le Tour n'a longtemps pas fait de distinction entre ses arrivées à Morzine, altitude 1 000 mètres, et Morzine-Avoriaz, 800 mètres plus haut... Certaines communes ont disparu, d’autres ne sont en fait que des quartiers d’une commune plus grande : en 112 ans, il y a quelques perles.

La base de données ainsi construite est libre d'accès ici.

Ne restait plus, ensuite, qu’à faire parler ce fichier pour comprendre comment le parcours du Tour a évolué au fil des décennies, et comment ses inévitables inégalités territoriales se sont corrigées, aggravées, déplacées avec le temps. Quelques comparaisons entre les départements et les villes les plus visités et quatre parcours types autour des grandes époques du Tour, en passant par des données sur les pays étrangers.

Voir l'applicationAux détours du Tour

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