Ils sont 240. 240 Chinois débarqués en France, dont 40 à Bordeaux, depuis le 15 septembre et jusqu'au 9 décembre. Ils sont venus se perfectionner dans l'art et la manière d'enseigner le football. La plupart sont des professeurs de lycée ou de collège, des enseignants d'éducation physique ou de l'école primaire. Six heures par jour, ils alternent les séances de terrain et les cours théoriques (histoire du jeu, système de jeu, modalités pédagogiques de l'enseignement). «C'était une demande de leur part d'étudier ce modèle à la française», dit Thomas Fondeur, directeur régional de la Fédération française du sport universitaire (FFSU) qui assure la formation possible grâce à un accord franco-chinois avec le ministère des affaires étrangères. A Bordeaux, ils n'ont pas fait que du sport, ils sont allés à la rencontre des Girondins de Bordeaux, ont cotoyé les clubs amateurs, en ont profité pour visiter la région et déguster les vins du cru.
Pour commenter les premières semaines de formation, un des responsables de la délégation ne tarit pas d'éloges dans une traditionnelle langue de bois : «Les professeurs sont très bons et très intéressants», remarque M. Yu. La France est un grand pays de football.» Au début, ils ont cependant rencontré «des difficultés» quant aux habitudes alimentaires et du côté logement «pas pratiques pour étudier», mais les problèmes ont été résolus «immédiatement».
Différence de pédagogie? En Chine, on pratique davantage la pédagogie «directive», en France, on insiste sur la pédagogie active. «Directive, quand on rencontre des problèmes, c'est dire aux élèves comment ils doivent faire. Active, c'est les inspirer à réfléchir par eux-mêmes». L'entraîneur doit posséder les moyens d'améliorer leur créativité. Ils ne sont pas outre mesure dérangés par les conditions climatiques : la province de Kun zu, dont ils sont originaires, possède un climat identique à celui de la France. Zhang Peng, Zhou Yuan Jun et Mu Shuaz Shuai sont des stagiaires de vingt et trente ans. Ils expliquent : «Cela a ouvert nos esprits par rapport à ce que nous avons appris en Chine. En France, on a un système commun et tous les entraîneurs suivent le même principe, c'est-à-dire un mode d'entraînement par catégorie, chaque âge de joueur a les mêmes actions et les mêmes objectifs. Pour nous c'est l'enseignement qui est le plus surprenant. Les modes d'entraînement sont différents et le système également. En Chine, on apprend la technique, la tactique et puis on passe au match. Ici, c'est les situations, l'exercice et puis le jeu». Un autre stagiaire précise : «Les professeurs chinois n'ont pas beaucoup d'opportunités d'être formés à l'étranger. C'est une occasion très précieuse. Nous connaissons très bien Zidane et la génération 1998, qui est devenue championne du monde. Zidane est le plus grand technicien du football en France».
Didier Arnaud, envoyé spécial à Bordeaux.




