Ils sont 552, et beaucoup d’entre eux ne joueront pas une seule minute de jeu. Ce sont les heureux élus de l’Euro 2016, l’ensemble des joueurs des 24 sélections qui participeront à la compétition qui commence vendredi et s’achève le 10 juillet. Un effectif consistant, dont on peut tirer quelques enseignements en le scrutant à la loupe.
Des Anglais jeunes, des Allemands capés
Dans le sport, les chiffres et les stats sont omniprésents. Et si l’on tente régulièrement de leur faire dire à peu près tout et n’importe quoi, ils savent parfois être pertinents.
L’âge et le nombre de sélections moyens des 24 groupes de 23 joueurs qui vont participer à cet Euro peuvent, par exemple, s’avérer parlant. Ainsi, la sélection irlandaise est clairement vieillissante avec ses 29,4 ans de moyenne, tandis que la nouvelle vague anglaise tant annoncée se vérifie : l’Angleterre est le groupe le plus jeune de l’Euro, avec à peine plus de 25 ans d’âge moyen. L’excellente santé de l’Allemagne, championne du monde en titre et favorite du tournoi européen, se vérifie dans cette statistique rare : la Nationalmannschaft possède à la fois l’un des groupes les plus capés (presque 41 sélections de moyenne) et les plus jeunes (25,4 ans), ce qui est remarquable.
Et la France ? Les Bleus ont pile l’âge moyen de l’ensemble des joueurs de l’Euro (27,3 ans) mais un nombre de sélections assez faible (26,6), qui s’explique en partie par les forfaits de dernière minute de quelques cadres (Sakho, Varane, Diarra), sans oublier les cas Benzema et Valbuena.
Des Suédois grands, des Turcs légers
Les chiffres permettent aussi d’accréditer quelques clichés, ou pas. Les Suédois sont les plus grands de l’Euro 2016 (1,86 m de moyenne), et les Espagnols les plus petits (à peine plus d’1,80 m). Les Turcs, eux, sont les plus légers, avec moins de 74 kg de moyenne sur la balance, alors que les Allemands sont les plus lourds : 80,3 kg.
552 joueurs, cela fait aussi énormément de profils différents, dont il n’est pas interdit de s’amuser. L’attaquant italien Lorenzo Insigne est à la fois le plus petit et le plus léger de l’Euro 2016 : 1,63 m pour 59 kg. Quant aux «plus», ils sont trustés par des gardiens : le plus capé est celui de l’Espagne, Iker Casillas, le plus grand celui de la Roumanie, Costel Pantilimon, le plus lourd celui de l’Irlande, Darren Randolph, et les plus vieux ceux de l’Irlande, Shay Given, et de la Hongrie, Gabor Kiraly.
Pour l’anecdote, le joueur moyen de l’Euro fait 1,83 m pour 77,3 kg, il a 27,3 ans et compte 32 sélections, et le vrai joueur qui s’approche le plus de ce profil est l’attaquant islandais Alfred Finnbogason (1,84 m, 78 kg, 27 ans, 34 sélections).
Les championnats, un indicateur biaisé
Quant ils ne sont pas à l'Euro, les joueurs sont dans leurs clubs. Où ? C'est un peu la donnée choc : 102 des 552 joueurs qui vont participer à la compétition européenne viennent de la Premier League, c'est-à-dire la D1 anglaise. Avec, en plus, 32 joueurs évoluant en D2 anglaise, quatre en D3 et même un en D4, c'est en fait un joueur de l'Euro sur quatre qui joue en club en Angleterre. Suffisant pour que les médias britanniques fassent de leur championnat le meilleur au monde…
En réalité, ce recensement a des enseignements limités. D’abord parce qu’il dépend largement des nations qualifiées pour l’Euro 2016. En élargissant le nombre de participants de 16 à 24, l’UEFA a permis à de nombreuses «petites» nations de se qualifier. Résultat, on retrouve en 2016 l’Irlande, l’Irlande du Nord, le pays de Galles et l’Angleterre. Et si les Anglais sont traditionnellement casaniers (tous jouent dans leur pays), les Gallois, les Irlandais et les Nord-Irlandais sont en outre d’un niveau très moyen, qui ne leur permet souvent pas de jouer dans beaucoup mieux que la D2 anglaise… Les 69 joueurs de ces trois sélections jouent presque tous dans les différents championnats britanniques : seuls trois d’entre eux jouent quelque part outre-Manche.
En revanche, ce recensement est une démonstration de l’internationalisation massive du football. Les joueurs de l’Euro évoluent dans pas moins de 42 championnats différents, y compris les D1 chinoise, australienne, israélienne, mexicaine (coucou Gignac), kazakhe, qatarie ou bulgare, la Major League Soccer (le championnat nord-américain) ou la D2 norvégienne.
Et si la Ligue 1 française est si «bas» dans ce classement, c’est parce qu’elle est désertée par les meilleurs Français (5 des 23 Bleus de l’Euro seulement) et qu’elle attire davantage les Africains ou les Sud-Américains que les Européens. A l’inverse, les championnats turc et russe sont mieux placés pour deux raisons : grosse présence des joueurs autochtones (22 joueurs de la sélection russe jouent en Russie, 17 Turcs en Turquie) et plusieurs clubs très riches pouvant se payer quelques stars, contre le seul PSG en France.




