Comment va la sélection roumaine, valeureuse 22e du classement Fifa derrière la France (17e) et une Suisse (15e) que les Bleus affronteront dans huit jours à Lille ? Interrogé mercredi sur le sujet, un coach roumain ayant exercé en France n'était pas loin de trouver les joueurs nuls : «Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les clubs où ils jouent.» Et même parfois où ils ne jouent pas, comme le défenseur et capitaine Vlad Chiriches, huit matchs dans le Calcio italien avec Naples cette saison. L'encadrement roumain est à la coule : lundi, sitôt les conférences de presse expédiées, les journalistes sont allés chercher des bières dans un supermarché qu'ils ont partagées avec les dirigeants de la Fédération au bord de la nationale à La Chapelle-en-Serval (Oise), là où la délégation est installée.
Pour les joueurs, c’est autre chose : personne ne les voit. Il faut dire que le patron du foot roumain a installé en 2014 au poste de sélectionneur Anghel Iordanescu, authentique général de l’armée quand les grades se gagnaient au fil des tours passés dans les coupes européennes avant la chute de Ceausescu, et qui en est à son troisième mandat à la tête des tricolorii : une première expérience entre 1993 et 1998, avec un quart et un huitième de finale de Coupe du monde à la clé, une deuxième pour le moins mitigée entre 2002 et 2004, et le revoilà.
Avec des préceptes à l’ancienne, figurant une planche de salut quand on manque de vitesse et de puissance, comme c’est leur cas : une défense de fer sur le terrain (deux buts encaissés seulement en qualification) due à une culture tactique encyclopédique, et des joueurs qui se taisent en dehors. Mardi, les journalistes roumains ont ainsi vu se présenter à eux… un obscur responsable de la communication des supporteurs et l’entraîneur des gardiens. Celui-ci n’était autre que Dumitru Moraru, portier du grand Dinamo Bucarest de la fin des années 80, mais les journalistes avaient le masque : le prochain coup, Iordanescu enverra son chien devant les micros ?




