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Biathlon : Fourcade, bien élevé au sommet

Publié le 12/02/2017 à 20h36

Décidément, Martin Fourcade est un garçon très poli. Le numéro un du biathlon, vainqueur dimanche du dixième titre mondial individuel de sa carrière, dans l'épreuve de la poursuite, à Hochfilzen (Autriche), utilise des mots en feutre pour parler de sa déception de la veille, une médaille de bronze, «seulement» dans l'exercice du sprint. «Si j'avais le droit de l'insulter, je dirais "cette putain de première balle" à chaque fois, mais comme je suis un garçon poli, je ne vais pas le faire», confiait le Français de 28 ans au journal l'Equipe.

Avec ses anciens ennemis russes, c’est pareil. Fourcade, qui étrille cette délégation depuis les révélations en 2016 d’un dopage d’Etat, a choisi de ranger les couteaux. Il a même fait la paix samedi avec Anton Shipulin, le leader des Russes. Comme si les tensions, propos tenus dans la presse, refus de se serrer la main sur les podiums et autres gestes de mépris, au demeurant courageux dans le petit monde du sport mondial, avaient assez attiré l’attention du grand public sur la duplicité de la fédération (IBU), qui tarde à sanctionner ses athlètes accusés de dopage. Comme si Fourcade, à un an des JO de Pyeongchang (Corée), avait enfin besoin de penser à lui.

Le porte-voix des biathlètes indignés est donc redevenu son propre porte-fusil dimanche. Ni fâcherie sur la triche ni balles manquées, à l'exception de la toute dernière de sa course, ce qui lui vaut un excellent 19/20 au tir. Parti avec vingt-huit secondes de retard, Martin Fourcade devance à l'arrivée son dauphin Johannes Bø (Norvège) de vingt-deux secondes. «Ça a toujours la même saveur», déclare-t-il après sa victoire. Le Mondial de biathlon se poursuit jusqu'au 19 février.

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