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JO : le comité Paris 2024 exhibe sa course au «low-cost»

Le président du Comité d'organisation des Jeux olympiques (Cojo) de Paris-2024 Tony Estanguet arrive à la "Soirée des champions", le 23 janvier 2018 à l'Insep à Paris (Photo CHRISTOPHE SIMON. AFP)
Publié le 02/03/2018 à 20h56

Paris 2024 en guerre contre le gaspi. Dernière trouvaille en date, les organisateurs français vont rogner sur l'affichage des classements en temps réel. Dans son cahier des charges, le Comité international olympique (CIO) exige un délai d'un centième pour dévoiler le nom du vainqueur du marathon ou du contre-la-montre. En proposant une durée à peine rallongée, trois centièmes de seconde, le comité parisien va utiliser une technologie un peu moins sophistiquée qui a l'avantage d'être beaucoup moins coûteuse. «Le CIO a fait ses calculs et nous a annoncé que nous allions économiser 30 millions d'euros», indique un cadre du comité parisien à Libé. 30 millions ? Une paille sur les 6,8 milliards de budget total prévu, mais un signe manifeste que Paris 2024 fait tout pour tenir sa promesse d'une édition «low-cost».

Toujours soucieux de ne pas déraper financièrement comme c'est le cas de tous les Jeux depuis quarante ans, le Comité d'organisation des JO 2024 (Cojo) a fait savoir ce vendredi que ses dirigeants seraient rémunérés moins cher qu'initialement envisagé. Son président Tony Estanguet, l'ex-champion de canoë, émargera à 270 000 euros brut, le directeur général, Etienne Thobois, à 260 000. Des salaires auxquels il faut ajouter un éventuel bonus, plafonné à 20 % des revenus. C'est moins que les options à 452 000 et 383 000 euros que le Canard enchaîné avait révélées en octobre, via une indiscrétion du ministre de l'Economie. Mais Estanguet rappelait sur Europe 1 vendredi : «Il est hors de question que je sois payé ce prix-là.»

Le numéro 1 de Paris 2024 a fait voter son salaire par un «comité des rémunérations» que préside Jean-Paul Bailly, ancien PDG de la Poste. Rien n’oblige cependant le Cojo à limiter ces émoluments. Ses fonds sont en effet exclusivement privés (dotation du CIO, recettes du marketing et de la billetterie), tandis que les 1,5 milliard d’euros de l’Etat et des collectivités sont destinés à construire des infrastructures.

Mais la fiche de paie d’Estanguet est censée rassurer l’opinion publique, parfois sceptique, voire l’Inspection générale des finances, qui devrait prochainement publier un rapport de recommandations sur les Jeux pour éviter l’embardée.

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