L’affiche était certes amicale, mais pour au moins deux raisons, l’opposition du 6 janvier entre les Drakkars de Caen et les Bisons de Neuilly-sur-Marne valait quand même le coup d’œil côté normand. D’une part, cela faisait deux mois et demi que l’équipe n’avait plus joué, Covid oblige. De l’autre, la remise en route était l’occasion d’assister à une grande première : celle de Charlotte Cagigos, 20 ans, dans les cages de l’équipe A. Son cas est unique. Tous sports confondus, aucune femme ne joue actuellement au sein d’une formation professionnelle masculine. Il y a bien eu un précédent dans sa discipline : l’attaquante internationale Christine Duchamp en 2004. Depuis, le règlement n’autorise cette exception qu’au poste de gardien.
«J'étais surprise de jouer, je ne m'y attendais pas. On était dans une saison compliquée avec le Covid. On s'entraînait sans avoir de perspective de temps de jeu», situe la gardienne originaire de Montpellier, plutôt discrète au quotidien. Du travail, du sérieux, et une faille – la blessure du titulaire Ronan Quemener – lui ont permis de se retrouver sur la patinoire. Un revers (3-6), mais des palets arrêtés, une copie finale solide, et la satisfaction de ses coéquipiers à l'issue du match. Déçue sur le coup du résultat, Charlotte Cagigos relativise deux semaines plus tard, consciente d'avoir surmonté l'enjeu.
«J'ai eu un petit coup de pression avec les médias, raconte la hockeyeuse à Libération. On m'a fait comprendre




