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Biathlon : malgré sa première victoire de la saison, Lou Jeanmonnot laisse apparaître les failles nées de l’affaire Julia Simon

La biathlète française s’est imposée en Autriche, vendredi 12 décembre, grâce notamment à un sans-faute au tir. Mais l’ambiance au sein du groupe tricolore reste plombée par le retour de Julia Simon, condamnée pour avoir utilisé les cartes bancaires d’une de ses coéquipières et de la kiné de l’équipe.

Lou Jeanmonnot à Hochfilzen, en Autriche, le 12 décembre 2025. (Georg Hochmuth/AFP)
Publié le 13/12/2025 à 10h46, mis à jour le 13/12/2025 à 14h50

Première victoire douce-amère en individuel. Vainqueure du sprint de Hochfilzen vendredi 13 décembre, la Française Lou Jeanmonnot a varié entre la satisfaction du succès et l’amertume liée à l’affaire Julia Simon, de retour au sein du groupe après avoir purgé son mois de suspension. La meilleure biathlète française du moment est allée chercher sa victoire sous le soleil du Tyrol autrichien. Un premier sans-faute sur le pas de tir cet hiver et une très bonne glisse sous les skis.

«La course n’est pas parfaite, dans le sens où le tir n’est pas rapide. Mais je suis fière d’avoir réussi à régler ce tir debout, parce que c’était nécessaire», a expliqué Lou Jeanmonnot après la course. «J’avais un peu peur de ce tir de manière générale sur les dernières semaines. Valider avec ce plein, ça fait du bien», a souligné la Franc-Comtoise de 27 ans. «Ça veut dire qu’elle était vraiment présente, elle a su s’adapter, patienter. Elle n’est pas restée stéréotypée. Ça montre un caractère», a apprécié l’entraîneur des Bleues au tir, Jean-Paul Giachino, après la course.

Julia Simon de retour dans le groupe

Mais demeure toutefois l’amertume d’évoluer depuis plusieurs années dans une ambiance rendue difficile au sein du groupe par l’affaire des cartes de crédit dans laquelle Julia Simon a été récemment condamnée. Visée par deux plaintes pour avoir utilisé à plusieurs reprises à partir de 2021 les cartes bancaires de sa coéquipière Justine Braisaz-Bouchet et de la kinésithérapeute de l’équipe, Julia Simon, décuple championne du monde et lauréate de la Coupe du monde en 2023, a reconnu les faits devant le Tribunal correctionnel d’Albertville le 24 octobre.

Elle a été condamnée à trois mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende, et a fini de purger le 7 décembre son mois de suspension ferme, sanction disciplinaire infligée par la commission de discipline de la Fédération française de ski (FFS). A Hochfilzen, elle a effectué son retour dans le groupe et en compétition, décrochant une 19e place sur le sprint.

«C’est lourd, ce n’est pas comme ça que j’aurais voulu vivre ma carrière en équipe de France A. J’aurais aimé que ce soit comme quand j’étais cadette, que j’aille à l’entraînement avec des copines, et heureuse d’y aller. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Mais on a appris à faire avec», a commenté Jeanmonnot au micro de la chaîne l’Equipe. Une prise de position forte de la part de celle qui est devenue la leader de l’équipe de France féminine au cours des deux dernières saisons, prenant la 2e place de la Coupe du monde en 2023/24 et en 2024/25.

«Là où je suis déçue, c’est pour Justine, parce qu’elle paie beaucoup trop cher des choses dont elle a été victime à un moment donné», a poursuivi Jeanmonnot, évoquant des menaces de mort sur les réseaux sociaux contre la fille de Justine Braisaz-Bouchet. «Je fais au mieux pour soutenir Justine, qui est une personne en or et qui a été, mine de rien, un peu brisée par tout ça.» Réagissant à ces intimidations, la Fédération française de ski a apporté son «plein soutien à Justine et ses proches» face à «ces actes inqualifiables», condamnant par ailleurs «avec la plus grande fermeté toute forme de violence ou de harcèlement, et rappelle qu’aucun de ces comportements n’a sa place ni dans le sport, ni dans la société».

Simon absente du relais samedi

A deux mois des Jeux olympiques de Milan Cortina sur le site d’Anterselva, l’ambiance est donc pesante au sein de l’équipe féminine française, qui avait réussi les deux saisons précédentes à passer outre sur la piste. «Les jeunes filles ont été suffisamment intelligentes pour mettre leurs problèmes privés de côté sur tous les stages et tous les entraînements et de s’entraîner, et de faire en sorte que sportivement parlant, ça se passe très bien et c’est ce qui s’est passé», avait toutefois estimé le patron du biathlon français, Stéphane Bouthiaux début octobre.

Malgré cette affaire, les Françaises ont en effet remporté les deux derniers titres mondiaux en relais, effectuant une vraie razzia en 2024 et 2025. La saison passée, cinq Françaises s’étaient placées aux huit premières places du général. Samedi pour le relais (4x6 km), le staff de l’équipe de France a sélectionné les quatre premières Bleues du sprint (Camille Bened, Jeanne Richard, Justine Braisaz-Bouchet et Lou Jeanmonnot) et n’ont pas retenu Julia Simon.

Mise à jour à 14h50 avec le communiqué de la FFS
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