Un miracle. Paco Rassat, qui n’avait jamais fait mieux qu’une 6e place sur le circuit, l’a emporté samedi à Gurgl en Autriche, au terme d’une course folle. A la 14è place à l’issue de la première manche, le Français de 27 ans a volé sur la piste lors de la seconde manche quand tous les cadors partaient à la faute.
Retour
De sa naissance au pied des pistes à sa première victoire en Coupe du monde en passant par sa passion pour l’Olympique de Marseille, voici cinq choses à savoir sur le skieur français Paco Rassat.
. Né sur des skis
Natif de Chambéry, Paco Rassat, 27 ans, a grandi à Aillon-le-Jeune dans le massif des Bauges en Savoie, avec un père moniteur de ski et une mère pisteur-secouriste.
Il vit à quelques centaines de mètres des pistes, chausse pour la première fois des skis à un an et demi et participe à sa première compétition à sept ans.
«On est une famille d’amoureux du ski. Que mes parents soient là aujourd’hui pour mon premier podium, pour ma première victoire, c’est quelque chose de fou pour nous tous», s’est réjoui Paco Rassat samedi.
. Eclosion tardive
Paco Rassat est vite un skieur prometteur mais ne brille pas particulièrement dans les catégories jeunes. Après ses débuts sur le circuit européen en 2018, il doit attendre 2022 pour monter sur ses premiers podiums. Cette année-là, il découvre aussi la Coupe du monde mais n’inscrira aucun point sur le circuit mondial pendant deux ans, jusqu’à sa 22e place en janvier 2024, à Wengen (Suisse).
C’est à partir de l’hiver dernier qu’il s’installe dans le top 20 et fait même son entrée dans le top 10 (9e) en janvier 2025, encore à Wengen. Sixième à Levi en Finlande la semaine dernière, Rassat est entré en moins d’une semaine dans une dimension nouvelle. Le Savoyard est désormais provisoirement en tête du classement général de la Coupe du monde et s’élancera lors du prochain slalom, le 14 décembre à Val d’Isère, avec le dossard rouge de leader de la spécialité. «Je n’ai jamais porté le moindre dossard de leader de ma vie, que ce soit en courses régionales, en courses jeunes, en Coupe d’Europe […] C’est dingue», s’est-il étonné samedi.
. Manque de confiance
Le slalomeur n’a longtemps pas cru qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs, malgré de bonnes aptitudes vues lors des entraînements. «C’est un truc qu’il a encore un peu en lui, de penser que les autres sont meilleurs et que, ce qu’il fait n’est pas suffisant», a expliqué à l’AFP Kevin Page, le responsable du groupe technique de l’équipe de France.
«A l’entraînement, il skie vite depuis déjà un petit moment donc on a aussi mis l’accent sur le fait que mentalement, il devait s’endurcir un peu, être un peu moins friable», a-t-il ajouté. «Aujourd’hui, je pense qu’il a compris qu’il n’a rien envier aux autres.» Améliorer la confiance en soi, «c’est un travail éternel», reconnaît Paco Rassat, suivi depuis cette année par un psychologue.
. Problèmes de dos
Comme d’autres skieurs, Paco Rassat a eu un dos «un peu capricieux durant (sa) croissance» et a même été opéré au printemps 2024 d’une hernie discale.
«Je me sens mieux maintenant» mais «j’ai toujours des périodes de crises, notamment avec les enchaînements et la fatigue, qui sont parfois difficiles à gérer», ajoute-t-il.
. «Fanatique» de l’OM
Plutôt discret, Paco Rassat est souvent resté dans l’ombre des leaders ou de coéquipiers au caractère plus fort. «C’est pas celui qu’on entend le plus mais c’est quelqu’un qui est très apprécié des autres», note Kevin Page.
Il y a toutefois une chose sur laquelle Rassat est intarissable, c’est l’OM, dont il suit tous les matchs. «C’est un fanatique de l’OM ! Hier (samedi) ils ont gagné (5-1 à Nice en L1) et il était content, ça l’a peut-être aidé à faire une bonne course», sourit Kevin Page.




