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Récap

Buts sensationnels, favoris qualifiés, tableau des 8es de finale… Que retenir de la CAN après les poules ?

Vous n’avez rien suivi de la Coupe d’Afrique des nations avant les matches à élimination directe ? Pas de problème, «Libé» vous résume ce qu’il ne fallait pas manquer de la première phase, achevée mercredi 31 décembre au soir.

Fiston Mayele (RDC) et Kalidou Koulibaly (Sénégal) au duel, à Tanger, le 27 décembre. (Themba Hadebe/AP)
Publié le 01/01/2026 à 9h10

Dans le marathon des fêtes, entre cadeaux de Noël et préparation des divers réveillons, vous n’avez peut-être pas eu le temps de jeter plus qu’un œil à la Coupe d’Afrique des nations de football. La compétition, qui se tient cette année au Maroc, a débuté juste avant la trêve des confiseurs, le 21 décembre. Sa phase de poule s’est achevée au soir de la Saint-Sylvestre, voyant se dessiner le tableau final pour les 16 équipes encore en lice. Avant les premiers matches à élimination directe samedi 3 janvier (Sénégal-Soudan et Mali-Tunisie), Libé vous récapitule les principaux enseignements des deux premières semaines de compétition.

Pas de gadin pour les favoris

Certains diront que la logique sportive est respectée. D’autres rappelleront que le format de la compétition, en qualifiant quatre «meilleurs troisièmes» sur six poules, fait tout pour éviter l’accident industriel aux favoris. Toujours est-il qu’à l’issue des matches de groupe, les meilleures sélections sont encore là. Maroc, Sénégal, Algérie, Egypte, Nigeria… Les douze premières nations africaines au classement Fifa disputeront toutes les huitièmes de finale de la CAN.

Certaines ont plus impressionné que d’autres. Le Nigeria et l’Algérie sont les seules équipes à avoir remporté leurs trois matches de poules et peuvent faire figure d’épouvantails pour la suite. Le Sénégal a également confirmé son statut de sérieux prétendant, avec une copie propre de deux victoires pour un match nul et une différence de buts flatteuse (+ 6). Seule ombre au tableau : les Lions de la Teranga seront privés en 8e de finale de leur capitaine Kalidou Koulibaly, après un carton rouge reçu contre le Bénin.

Aubameyang déjà de retour à Marseille

Parmi les éliminés, le Gabon est sans doute la sélection qui pouvait espérer mieux. Mais les coéquipiers de Pierre-Emerick Aubameyang n’ont pas réussi à se dépêtrer d’un groupe où figuraient aussi le Cameroun et la Côte-d’Ivoire. Emoussé, l’attaquant marseillais a réussi à inscrire un but contre le Mozambique, qui n’a néanmoins pas suffi à empêcher une défaite (3-2) de son équipe. Eliminées avant même leur troisième match contre la Côte-d’Ivoire mercredi, les Panthères ont libéré l’avant-centre de l’Olympique de Marseille, qui n’aura pas réussi à hisser sa sélection au-delà des poules dans ce qui était, à 36 ans, sans doute sa dernière CAN.

Un Maroc-Algérie en demi-finale ?

Le tableau des matches éliminatoires désormais connu, l’heure est aux anticipations sur les parcours des uns et des autres. A ce titre, le pays organisateur n’est pas mal loti. Le Maroc affrontera dimanche la prenable Tanzanie, meilleure troisième de son groupe, en 8e de finale puis éventuellement un deuxième de groupe (soit l’Afrique du Sud, soit le Cameroun) en quarts de finale. Se dresserait alors l’Algérie en demi-finale, pour un choc à la portée dépassant probablement le seul terrain de football. Pour cela, il faudrait que les Fennecs se débarrassent de la République démocratique du Congo en 8e puis, peut-être du Nigeria en quarts. Pas une sinécure.

Dans l’autre moitié de tableau, le Sénégal et l’Egypte héritent de meilleurs troisièmes en 8es de finale avant d’affronter a priori plus costaud en quarts. Soit le Mali ou la Tunisie pour les Lions de la Teranga, soit la Côte d’Ivoire ou le Burkina Faso pour les Pharaons. A noter la qualification du Soudan à un stade de la compétition plus atteint depuis 2012, déjà un exploit pour une sélection en exil (entraînements en Arabie Saoudite, matches «à domicile» en Libye) depuis le début de la guerre civile en 2023.

Un acrobate nommé El Kaabi

Le Maroc, pas totalement conquérant en poule, s’est langui de retrouver sa star Achraf Hakimi, blessé au début de la compétition et finalement entré lors du troisième match contre la Zambie. Mais le royaume chérifien s’est trouvé un autre héros : l’attaquant Ayoub El Kaabi, qui a enflammé les cœurs grâce à deux buts marqués en retournés acrobatiques. Le premier lors du match inaugural de la CAN, libérant un Maroc sous pression après avoir patiné un mi-temps durant face aux Comores. Le second face à la Zambie, trouvé sur coup franc seul et à la limite du hors-jeu au milieu de la surface adverse.

AFCON is in session 👀 And what a better way to start the tournament than with an overhead GOLAZO by #Morocco attacker Ayoub El Kaabi 🤩

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— First Touch (@firsttouch.bsky.social) 21 décembre 2025 à 22:20

AFCON 2025 just keeps on delivering because what do you mean Ayoub El Kaabi just pulled off a bicycle kick goal off a set piece (He was initially ruled offside but VAR ruled he was on and it was a good goal)

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— Douglas Reyes-Ceron (@dreyesceron.bsky.social) 29 décembre 2025 à 21:32

Depuis, les compilations vidéo des retournés (il en marque aussi en club) et autres mèmes fleurissent autour de l’attaquant de l’Olympiakos, âgé de 32 ans. El Kaabi partage pour l’heure la tête du classement des buteurs de la compétition avec son compatriote Brahim Diaz et l’Algérien Riyad Mahrez, auteurs comme lui de trois buts, mais dont un pénalty à chaque fois. El Kaabi, lui, a mis son troisième pion de la tête. Et désormais, tout le monde retient son souffle à chaque fois qu’il est cherché par un ballon aérien.

Au rayon des buts spectaculaires, on retiendra aussi ce bijou de Tawanda Maswanhise pour le Zimbabwe : un raid solitaire ponctué de deux crochets dans la défense sud-africaine avant d’envoyer la gonfle au fond. Splendide.

Zimbabwe [1] - 1 South Africa - Tawanda Maswanhise 19'

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— Steve Brewer (@sjbrewer.bsky.social) 29 décembre 2025 à 19:25

Un supporteur immobile

Le spectacle est parfois aussi en tribunes. Un supporteur s’est particulièrement illustré lors de la phase de poules. Il s’appelle Michel Kuka Mboladinga et soutient la république démocratique du Congo. L’homme est devenu l’une des coqueluches de la compétition moins par son accoutrement (pourtant un costume rouge et jaune vifs dans la plus pure tradition des sapeurs) que par son attitude déconcertante : il regarde les matches de son équipe en restant parfaitement immobile, même quand les Léopards marquent, sur un piédestal. Autant stylite que styliste, donc.

Viral DR Congo supporter Michel Kuka Mboladinga will continue to stand motionless for the 90 minutes of #AFCON matches in tribute to Patrice Lumumba, a figure of Congolese independence and the country's first Prime Minister.

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— foot.mundo (@footmundo.bsky.social) 31 décembre 2025 à 13:23

Insolite, la performance se double d’un hommage politique. Car Michel Kuka Mboladinga prend une pose bien précise, droit comme un i en levant simplement la main droite, pareil à la statue du mausolée de Patrice Lumumba à Kinshasa. Le supporteur est un admirateur du héros de l’indépendance congolaise − assassiné le 17 janvier 1961 avec l’implication de l’ancienne puissance coloniale belge − avec qui il cultive une ressemblance physique. Auprès de la Société nationale de radiodiffusion et de télévision marocaine, Mboladinga explique «faire ça pour pousser notre équipe à la victoire, pour pousser nos joueurs à en faire plus» et se dit heureux d’avoir découvert l’existence d’une avenue Lumumba à Casablanca. La figure tutélaire congolaise est un symbole africain.

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