Menu
Libération
Fatigue

«Ça commence à tirer» : défait par le Bayern, le PSG paie la cadence

Malgré un sursaut tardif face aux Munichois, le club parisien a confirmé ses limites du moment : Dembélé et Hakimi ont quitté le terrain blessés, symboles d’un effectif épuisé par l’enchaînement des matchs.

Le milieu de terrain portugais, Joao Neves (à gauche), a marqué le but parisien . (Thomas Samson/AFP)
Publié le 05/11/2025 à 10h58

La défaite (1-2) du Paris-SG mardi au Parc des Princes contre le Bayern Munich aura au moins suscité un moment de relâchement, aussi paradoxal que cela puisse paraître : l’entraîneur des champions d’Europe en titre, Luis Enrique, a enfin mis son discours en phase avec la réalité. Pas un luxe dans un sport obscur, où beaucoup d’éléments rentrent en ligne de compte, tout en demi-vérités, où il est compliqué de faire la part du feu. «En première période [2-0 aux citrons pour les Allemands, réduits à 10 juste avant la mi-temps, ndlr], ils ont été supérieurs, a ainsi concédé l’Asturien, et ce n’était rien de le dire. Ils ont eu plus d’occasions, on a fait de beaux cadeaux et quand tu fais des cadeaux à ce type de joueurs, c’est normal de perdre la première mi-temps. Ils auraient pu marquer encore plus de buts. On aurait pu arracher le nul ensuite, mais je ne sais pas si ça aurait été juste. Quand ce n’est pas le jour, il faut accepter ça. Et penser au prochain match.»

A Lyon dimanche, avant une trêve internationale de deux semaines : on va dire que ça débarrasse. L’équipe parisienne est à la limite. On a compris mardi, en creux, les prestations falotes de ceux-là en Ligue 1 (deux victoires lors des cinq derniers matchs, dont une au bout des arrêts de jeu samedi devant l’OGC Nice) : ils ne peuvent plus monter aux rideaux. Et ils le savent. «Je ne me rappelle aucun match cette saison où on a joué avec toute l’équipe en forme, a ajouté Luis Enrique. C’est une saison différente, il faut savoir gérer ça. Je ne me cherche aucune excuse, c’est notre responsabilité de faire mieux mais il faut accepter. Je suis calme car je sais qu’on va surmonter ça. J’attends au fil de la saison de récupérer l’équipe et les joueurs pour retrouver notre niveau. C’est le début de la compétition. L’important c’est en mars, avril, mai, on verra quelle sera la hiérarchie à ce moment-là. Je m’attendais à un meilleur match de notre part mais quand tu récupères des joueurs blessés, ils ne sont pas à 100 %. C’est une chose que je dois savoir gérer beaucoup mieux avec mon expérience.» Il prend sa part pour la forme : les joueurs donnant plus ou moins ce qu’ils sont en mesure de donner, il ne va pas non plus se désolidariser du vestiaire.

Une affaire de karma

D’autant qu’il a sa part de responsabilité : sorti à la 25e minute après avoir été vraisemblablement touché au mollet, l’attaquant Ousmane Dembélé avait été aligné d’entrée alors qu’il était blessé aux ischio-jambiers, le genre de décision qui avait valu au sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps, d’être ciblé par la communication du club parisien en septembre quand ce même Dembélé, déjà de retour de blessure, lui avait pété entre les doigts lors du match des tricolores contre l’Ukraine à Wroclaw (Pologne). Dans un couloir du Parc, l’attaquant Bradley Barcola a confié sa lassitude physique après la défaite : «L’enchaînement des matchs fait mal, je commence à le ressentir. Ça commence à tirer.» Il y a les difficultés athlétiques, et l’idée de celles-ci : moins d’engagement, moins de rythme, moins de confiance et une équipe allemande qui a survolé mentalement la partie, comme si chaque joueur mesurait 20 centimètres de plus que son adversaire parisien.

Les vases communicants. Et un engrenage dont il ne sera pas simple de sortir. Après Désiré Doué touché la semaine dernière, et qui n’est pas attendu avant la fin de l’année 2025, c’est le défenseur Achraf Hakimi qui a quitté le Parc sur des béquilles mardi après avoir été découpé par l’attaquant colombien du Bayern Luis Diaz. De retour de blessures, ni Marquinhos, ni surtout Fabian Ruiz n’ont été en mesure de contester l’impact d’une équipe allemande qui, il faut le dire aussi, a perdu cet été son meilleur joueur (Jamal Musiala) pour six mois cet été suite à une fracture du péroné et est soumise aux mêmes cadences infernales que le club parisien, Coupe du monde estivale des clubs comprise. Reste que si on fait le compte, une petite dizaine de joueurs parisiens auront payé la note cet automne. L’accumulation aidant, ou plutôt n’aidant pas, ça devient une affaire de karma. Après, une équipe à plusieurs vies au fil d’une saison. Pour l’heure, il faut baisser la tête.

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique