Tout le monde se marre. A chaque début de Coupe d’Afrique des nations, les Egyptiens ne figurent pas vraiment dans la liste des grands favoris. Le respect est fort mais les mêmes phrases reviennent. Du genre «non pas cette fois, ils ne vont pas refaire le coup»… Sauf qu’on les retrouve à (presque) tous les coups dans la dernière ligne droite. L’édition marocaine n’échappe pas à la règle. Ils affrontent, mercredi au grand stade de Tanger, les Sénégalais en demi-finale de la CAN. Les Pharaons, qui affichent sept étoiles sur leur maillot rouge et noir, sont les plus titrés du continent. Ils espèrent remporter leur huitième étoile au Maroc en gardant la même recette.
Les victimes sont nombreuses. La Côte-d’Ivoire qui a mordu la poussière, samedi en quart de finale, face à l’Egypte (2-3), a laissé transparaître sa frustration à la fin de la rencontre. Dans le vestiaire, le président de la fédération, Yacine Idriss Diallo, a remercié les joueurs pour «leur parcours et leurs efforts», mais il a également évoqué les gagnants du soir. «Appelons un chat un chat, nos adversaires ont été plus forts que nous. […] Malheureusement, l’expérience que nous avons, jouer contre l’Egypte et prendre un but après cinq minutes de jeu, c’est se faire hara-kiri, parce qu’on passe notre temps à courir derrière, on s’en sort pas.» Une phrase qui résume parfaitement la force des Pharaons.
Des comparaisons avec l’Italie et l’Allemagne
Le sélectionneur national ivoirien, Emerse Faé, lui, a tout lâché en conférence de presse. «Vous savez qu’ils aiment les cadeaux, dès que vous leur faites un cadeau, ils punissent. On les connaît. Depuis la nuit des temps, l’Egypte a toujours été comme ça. Ce qui est frustrant, c’est qu’on savait que cette équipe n’allait pas jouer, qu’ils allaient attendre, mettre des coups, tomber et simuler.» Des terreurs sans sentiments.
Tous les regards se tournent en direction des deux attaquants stars – Mohamed Salah (Liverpool) et Omar Marmoush (Manchester City) – de la sélection, mais la recette est ailleurs. La grande majorité des joueurs égyptiens jouent dans le championnat local, loin des strass européens. Des gars qui se surpassent à chaque fois qu’ils enfilent la tunique pour maintenir la sélection dans ses standards.
Les observateurs aiment les comparaisons. Ils mettent souvent en miroir les Pharaons à deux grandes nations du foot – qui ont connu leurs plus belles heures dans le siècle passé. Les Italiens et leur défense (les as du catenaccio) pouvaient faire traîner une rencontre jusqu’au bout de la nuit sans se prendre le moindre pion et faire dérailler n’importe quel attaquant. Les Allemands et leur état d’esprit impitoyable. Combien de pays (notamment la France de Platini et les Pays-Bas de Cruyff) ont pensé avoir fait le plus dur face à la Mannschaft avant de se faire renverser sans comprendre comment ?
La symbolique se mélange à l’efficacité. Les joueurs de la sélection ferraillent pour appuyer leur domination en Afrique mais aussi pour leur capitaine, l’iconique Mohamed Salah. Il a tout raflé à Liverpool mais il n’a jamais réussi à être champion d’Afrique. Une nouvelle couronne pourrait faire de lui le meilleur joueur de l’histoire de la plus grande équipe du continent.




