Un vieil homme marocain à mobylette freine à quelques mètres de l’hôtel Marriott de Rabat. Pendant qu’il retire la capuche de sa djellaba en laine, des supporteurs algériens chantent et dansent sous les fenêtres de l’hôtel des joueurs de leur sélection. Hassan, le vieil homme en mobylette, rigole en se tapant les mains. Sa femme, à l’arrière de la bécane, s’impatiente dans le froid. Elle lui tapote le dos pour qu’il redémarre. Hassan, qui habite la capitale marocaine depuis toujours, ne lâche pas du regard la scène. Il fait un signe à un long type au loin. Salim, qui suit les Fennecs depuis des lustres sur tout le continent, porte un chapeau de cow-boy customisé aux couleurs de l’équipe algérienne. Des voyages qui lui valent de faire le tour des télés et des réseaux sociaux pour balancer d’innombrables anecdotes.
Le long type au chapeau customisé, la cinquantaine en approche, passe au-dessus d’une petite barrière pour retrouver Hassan. Originaire de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), l’agent de sécurité a posé des congés et grillé une nouvelle fois ses économies pour suivre son équipe de cœur à la Coupe d’Afrique des nations. «Nous sommes frères, lui glisse Hassan en prenant sa main. J’espère de tout mon cœur que l’Algérie gagnera ses matchs.» La mobylette redécolle. Une scène de fraternisation courante à Rabat, où l’Algérie dispute tous ses matchs depuis le début de la compétition. On a également vu un pompiste demander à un automobiliste qui portait le maillot al




