Au premier abord, on pensait que Kaotik 747 avait les yeux vairons. L’œil droit marron, l’œil gauche bleu. Capter son regard, c’est s’apercevoir qu’il ne s’agit que d’un postiche. Une lentille tricolore est responsable de l’asymétrie. Le drapeau français collé à la pupille, le rappeur niçois vient de réécrire l’hymne des Bleus pour l’Euro (du 11 juin au 11 juillet). Une chanson alternative à celle, officielle, de Youssoupha. L’histoire aurait pu rester cantonnée à l’univers musical, énième clash comme seul le rap peut en générer. C’était sans compter les députés LR. Pris de désamour pour la version originale, ils ont adressé une lettre au président de la Fédération française de foot, Noël Le Graët : «Contrairement au rappeur Youssoupha, Kaotik a confié vouloir réunir toute la France «sous un même drapeau»», écrivent les parlementaires. Libération a passé une demi-journée avec ce «petit gars de Nice», rappeur préféré des policiers et de la droite, qui prône un rap «sans arme ni haine ni violence». C’est écrit sur son tee-shirt.
Kaotik reçoit dans son HLM de Saint-André-de-la-Roche, au-dessus de Nice. Il faut passer une petite rivière pour entrer dans sa résidence. Puis monter au dernier étage pour trouver son appartement. Karim B. (il ne souhaite pas dévoiler son nom en raison de menaces de mort) vient tout juste d’engloutir un sandwich et un Liptonic. Il gardera l’éclair au chocolat pour le goûter. Kaotik se régale d’une autre friandise : le nombre




