A Rabat, dans tous les coins de la ville, des bandes de potes déambulent. On les croise dans les stades, au marché, autour de la gare centrale, dans les restaurants ou dans la kasbah des Oudayas. Ils rôdent aussi dans les autres villes du Maroc – Agadir, Fès, Casablanca, Marrakech et Tanger – où se jouent les matchs de la 35e Coupe d’Afrique des nations (CAN). Des amis qui ont grandi ensemble dans le même quartier en banlieue parisienne, ou ailleurs en France. Des enfants d’immigrés marocains, algériens, sénégalais, tunisiens, congolais ou maliens. Ils passent quelques jours de l’autre côté de la Méditerranée pour assister à une compétition qui dépasse les frontières du foot. La Coupe d’Afrique touche plusieurs fils à la fois : la nostalgie, le rapport au continent mais aussi le lien avec le pays de naissance des parents. Libé a discuté avec plusieurs trentenaires qui ont fait le déplacement en bande organisée.
Junior, 38 ans. «Mon pote Ali a créé un groupe WhatsApp en septembre avec plusieurs gars de la cité et des environs. Il a




