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Le joueur du Benfica Lisbonne accusé d’insulte raciste par Vinicius suspendu par l’UEFA

L’attaquant argentin Gianluca Prestianni, qui aurait traité le Brésilien du Real Madrid de «singe», nie tout propos discriminatoire. Son club a annoncé faire appel de cette décision.

Gianluca Prestianni à Lisbonne, le 28 janvier 2026. (Patricia del Melo Moreira /AFP)
Publié aujourd'hui à 17h30

La sanction a fini par tomber : Gianluca Prestianni, l’attaquant argentin du Benfica Lisbonne accusé de racisme par Vincius et des joueurs du Real Madrid lors du barrage aller de Ligue des champions, a été «suspendu provisoirement» par l’Union européenne des associations de football (UEFA), a annoncé ce lundi 23 février l’instance. Le joueur lisboète devrait ainsi louper le match retour mercredi 25 février à Madrid. En attendant les conclusions de l’enquête, l’organe de discipline et d’éthique de l’UEFA «a décidé aujourd’hui (lundi) de suspendre M. Gianluca Prestianni» pour «comportement discriminatoire», détaille le communiqué.

La rencontre disputée mardi dernier à Lisbonne, et remportée 1-0 par les Madrilènes, a été interrompue une dizaine de minutes quand l’attaquant brésilien Vinicius Junior s’est plaint d’avoir été traité de «singe» par Gianluca Prestianni. Des accusations que le joueur argentin a réfutées sur son compte Instagram, arguant que son adversaire Madrilène aurait «malheureusement mal interprété ce qu’il a cru entendre».

«Engagement indéfectible»

Le Benfica Lisbonne a réagi immédiatement à la décision de l’UEFA, disant «regretter d’être privé du joueur alors que la procédure est encore en cours d’instruction», tout en assurant de son «engagement indéfectible dans la lutte contre toute forme de racisme ou de discrimination». Le club portugais «fera appel de cette décision de l’UEFA, même si les délais en question auront difficilement un quelconque effet pratique pour le match retour du barrage de la Ligue des champions», ajoute-t-il dans un communiqué.

Parallèlement à l’enquête menée par un inspecteur spécialiste des questions d’éthique et de discipline de l’UEFA, l’Autorité portugaise pour la prévention et la lutte contre la violence dans le sport a elle aussi annoncé la semaine dernière l’ouverture «d’une procédure de sanction administrative afin d’établir les faits».

Après avoir inscrit l’unique but de la partie à la 50e minute, Vinicius Junior a chambré le public portugais du stade de la Luz, déclenchant une vive discussion avec plusieurs joueurs du Benfica, ce qui lui a valu un carton jaune. Alors que le match semblait sur le point de reprendre, le Brésilien a couru vers l’arbitre en pointant du doigt Prestianni et en se plaignant d’avoir été traité de singe («mono» en espagnol) par l’Argentin. Il a demandé le déclenchement du protocole antiracisme. La partie a été interrompue pendant près de dix minutes par l’arbitre. Ce dernier a finalement décidé de la faire reprendre sans autre sanction.

Après le match, Kylian Mbappé avait estimé en zone mixte que Prestianni ne «méritait pas de disputer la Ligue des champions». L’attaquant français avait ajouté que «l’UEFA essaie de faire bouger les choses, mais il s’agit d’un cas grave et j’espère que des décisions seront prises, avec calme.»

«Distance»

Le club lisboète s’est défendu en publiant une vidéo sur son compte X, censée prouver que les propos de leur joueur n’étaient de toute façon pas audibles. «Comme le montrent les images, compte tenu de la distance, les joueurs du Real Madrid n’ont pas pu entendre ce qu’ils prétendent avoir entendu», écrit Benfica dans son post.

Vinicius a déjà été victime à plusieurs reprises de propos racistes dans des stades de football. En mai 2025, cinq supporters de Valladolid avaient été condamnés à un an de prison, «une peine historique» comme l’avait qualifiée à l’époque la Liga, après avoir insulté le joueur en décembre 2022. Un mois plus tard, quatre supporters de l’Atlético Madrid, qui avaient pendu une effigie portant le maillot de Vinicius en janvier 2023 avant un derby contre le Real, avaient été condamnés à des peines de prison allant de 14 à 22 mois. Ils avaient finalement conclu un accord transformant ces peines, notamment en amendes.

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