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Les Bleus sereins, prix «Fifa pour la paix», stades à éviter… Que faut-il attendre du tirage au sort du Mondial 2026 ?

Si le volet sportif devrait être calme ce vendredi 5 décembre, pour l’annonce des groupes du Mondial nord-américain à 48 équipes et 104 matches, la journée promet d’être étrange, avec la remise probable d’un prix pour la paix à Donald Trump.

Donald Trump et le président de la Fifa, Gianni Infantino, à la Maison Blanche, le 22 août 2025. (Andrew Caballero-Reynolds/AFP)
Publié le 05/12/2025 à 12h08

Etrange tirage au sort que celui de la Coupe du monde 2026 organisée aux Etats-Unis, Mexique et Canada, qui se déroulera au John F. Kennedy Center de Washington à partir de 18 heures (heure française) ce vendredi 5 décembre. Avec un vainqueur désigné six bons mois avant que le premier ballon roule : Donald Trump, président du conseil d’administration du bâtiment où a lieu l’événement, qui pourrait recevoir un mystérieux «prix Fifa pour la paix», une création de circonstance du président de la Fédération internationale de football, Gianni Infantino. Lequel, au fond, fait ce que font les chefs d’Etats du monde entier, ni plus ni moins : flatter le président américain, en espérant passer au travers des lubies d’un Trump qui a déjà empiété sur les prérogatives de l’instance en évoquant en septembre la délocalisation de certains matchs devant initialement se dérouler dans des villes tenues par des «extrémistes de gauche», entendre des maires démocrates.

Tour de chauffe interminable

Le volet purement sportif promet d’être moins animé. Un Mondial à 48 équipes et 104 matchs (le double de l’édition précédente), c’est un tour de chauffe interminable, qui aura cependant un effet double allant dans le sens des puissants : éviter les accidents industriels frappant les grosses équipes, à l’image d’une sélection allemande qui n’a pas passé le premier tour lors des deux dernières Coupes du monde (2018, 2022), et rallonger une compétition pour favoriser les mieux armés au-delà des treize ou quatorze joueurs premium, à l’image de la nouvelle formule de la Ligue des champions.

Dit autrement, les Bleus ne craignent absolument rien lors du premier tour qui sera en partie dévoilé ce vendredi, 22 équipes (Nouvelle-Calédonie, République tchèque, Suriname, république démocratique du Congo, Bolivie…) devant encore s’arracher les six places restantes lors des barrages fin mars. Pour le reste : douze groupes de quatre équipes ne pouvant pas regrouper deux équipes d’une même confédération à l’exception de l’Europe, puisque le Vieux Continent est fort d’un contingent de seize pays représentés. Et huit des douze groupes repêcheront… les meilleurs troisièmes, pour un écrémage final très relatif de 16 équipes sur 48.

Tout sauf le Texas et le Mexique

Dans le détail, les qualifiés de la Confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique Centrale et des Caraïbes (Concacaf) soit le Curaçao, Haïti et le Panama, qui ont bénéficié de l’appel d’air créé par la qualification automatique des trois pays organisateurs et mastodontes de la Confédération, devraient être bons à prendre. Mais récupérer une équipe encore engagée en barrage, et qui aura donc été incapable de se qualifier directement malgré l’élargissement de la compétition, n’est pas forcément une mauvaise affaire, quand bien même il s’agirait de la Squadra Azzura italienne. C’est ensuite, à partir du 27 juin et des seizièmes de finale par élimination directe, qu’on verra sortir les grands fauves. Mais le tirage de vendredi ne dira rien de ces matchs-là.

Demeure un enjeu caché, qui n’a selon l’Equipe pas échappé au sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps ni, on l’imagine, à ses homologues : éviter les matchs disputés au Texas (Dallas, Houston) et au Mexique, où les températures promettent d’être infernales. L’énergie lâchée initialement pourrait manquer au long cours. Si long cours il y a, la formule à élimination directe dès les seizièmes, promettant un sacré rodéo. Ceux qui auront connu les premiers frissons d’une Coupe du monde, des Jordaniens jusqu’aux Ouzbeks en passant par les Haïtiens ou Cap-Verdiens (lesquels ont une belle équipe), auront alors pour la plupart débarrassé le plancher. Raison de plus pour apprécier leurs présences au tirage au sort de vendredi.

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