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Les Bleus valident leur billet pour le Mondial face à une Ukraine transparente

Ce jeudi 13 novembre au Parc des Princes, dans un match lourd en symboles, l’équipe de France a triomphé facilement (4-0) de son adversaire du soir. Une victoire synonyme de qualification pour la coupe du monde 2026.

Les Bleus célèbrent le premier but, sur pénalty, de Kylian Mbappé, ce jeudi soir au Parc des Princes. (Gonzalo Fuentes/REUTERS)
Publié le 13/11/2025 à 22h54

Une Marseillaise a cappella au bout de huit mesures, et le public du Parc des Princes qui enchaîne à s’en crever les tympans. Avant un silence total, une minute de silence parfaitement respectée devant une banderole «Football for Peace» («le football pour la paix») en référence aux attentats terroristes qui ont frappé Paris le 13 novembre 2015, mais aussi à la guerre qui se déroule sur le sol ukrainien depuis plus de dix ans : sur les écrans géants de l’enceinte, on pouvait lire «13-novembre 2015-2025, Fluctuat Nec Mergitur, Paris se souvient», une référence à la devise de la capitale française, «battue par les flots mais ne sombre pas».

Dans un environnement lourd, les Bleus ont pris le temps et attendu les remplacements en seconde période pour battre largement (4-0) une sélection ukrainienne à zéro tir (ni cadré, ni non-cadré) et se sont ouvert les portes du Mondial américain au terme d’une soirée étrange, un peu désincarnée. Personne n’était dans la tête des joueurs pour pouvoir en tirer quelque conclusion que ce soit, mais l’intensité fut longtemps aux antipodes des standards internationaux. Pas facile non plus dans un contexte où les hommages du public se sont étirés au-delà du premier quart d’heure de jeu, la Fédération française ayant encouragé le public à allumer son smartphone à la 15e minute en hommage aux 132 victimes des attentats. De sonores «Daesh, on t’encule» sont tombés des gradins dans la foulée, ce qui n’a pas dû aider les joueurs à habiter le match, les visiteurs subissant sans grand risque les longues séquences de possession tricolore, bien trop lentes et latérales pour faire peser la menace sur les buts d’Anatolyi Trubin.

Une mi-temps pour rien

Du coup, les Ukrainiens ont ouvert la fenêtre en s’assurant quelques séquences de conservation du ballon, puis ils ont mis le nez dehors c’est-à-dire dans les 30 mètres tricolores. Cinq minutes, autour de la demi-heure de jeu : de peur de prendre froid, Yegor Yarmoliuk et consorts se sont repliés aussi sec, laissant l’attaquant du Paris-SG Bradley Barcola faire briller Trubin (41e) d’une frappe enroulée qui prenait la direction de la lucarne droite du but ukrainien. 0-0 aux citrons et on n’a rien vu sur le terrain. Rien de rien.

L’impression générale de désordre s’est étendue au retour des vestiaires. L’arbitre slovaque Slavko Vincic et ses assistants vidéos ont pris le match à leur compte, retoquant un penalty (inexistant) pour l’Ukraine avant d’en accorder un (sévère) aux Bleus parce que Michael Olise s’est fait marcher sur le pied, Kylian Mbappé s’offrant une panenka plein centre (1-0, 54e). Les Bleus vont y puiser un peu de légèreté et de vitesse, l’adversaire continuant à dérouler une partition prudente et inoffensive. Ils n’ont pas beaucoup mieux joué pour autant.

N’Golo Kanté fringant

Et le sélectionneur, Didier Deschamps, a changé de braquet, sortant un Ryan Cherki embrouillé et un Barcola en manque de jambes pour Hugo Ekitike et Magnes Akliouche. Ces deux-là ont fait beaucoup de bien. Et on s’est surpris à penser qu’à force de combler les trous et de remonter les ballons en tricotant des jambons, N’Golo Kanté faisait encore la pige à cette belle jeunesse malgré ses 34 ans et sa semi-retraite (quoi qu’il en dise) dans le championnat saoudien. C’est lui qui a aspiré Akliouche dans son sillage, lui qui a intercepté une relance ukrainienne foirée pour permettre à Olise de plier le match (2-0, 76e), lui toujours qui est redescendu au niveau de ses défenseurs centraux pour mettre de l’ordre dans la relance…

Mbappé est allé mettre son quatre-centième but en carrière sur une percussion d’Ekitike (3-0, 83e), ce dernier s’est vu rendre la politesse en réceptionnant une passe décisive de son capitaine (4-0, 88e) et l’affaire s’est conclue en douceur, loin de la fureur de certaines qualifications passées. Après, les Bleus sont double finalistes des deux dernières Coupes du monde. Ils ne craignent rien. Les temps ont changé. Et ce n’était pas n’importe quel soir.

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