On ne nous avait encore jamais fait le coup. Voilà dix jours, un soir de défaite (2-1) à Lens, le défenseur marseillais Benjamin Pavard avait à peine posé ses fesses dans le vestiaire après le match que ses excuses avaient fusé via son compte Instagram, «Supporteurs marseillais, je suis désolé», «cette défaite est pour moi, j’ai commis des erreurs et j’en prends l’entière responsabilité» (une allusion aux deux buts artésiens de son fait ; un penalty concédé et un but contre son camp), «je vous promets que je vais tout donner pour regagner votre confiance».
Puis : «Nous allons nous relever, ensemble.» Sans lui faire injure, la virgule entre «relever» et «ensemble», mélodramatique en diable, sent à plein nez son community manager, encore qu’on n’en sache rien. Et le mélange de promptitude, d’esquive – il est passé au large des journalistes après le match comme toujours, s’évitant à la fois les relances et la possibilité d’humaniser son propos – et de contrition indique que Pavard ne laisse pas grand-chose au hasard. Dans le cadre de la Ligue des champions, l’Olympique de Marseille recevra l’Atalanta Bergame mercredi avec la haute nécessité de l’emporter : trois points en trois matchs jusqu’ici, deux clubs anglais au menu derrière. Et il y va du club phocéen comme de son défenseur international, 55 capes avec les Bleus depuis 2018 sous l’ère Didier Deschamps : entre deux eaux.




