Nul doute que Luis Rubiales, en pleine promo jusqu’ici bien huilée de son livre, Tuer Rubiales, à Madrid, se serait bien passé de la séquence. Sur plusieurs vidéos qui circulent sur les réseaux, on voit le patron déchu du foot espagnol, costume sombre, assis sur un tabouret en pleine séance de promotion à l’occasion de la parution de ce livre, sans surprise, à l’approche très victimaire. Le bouquin revient sur la condamnation de l’ancien président de la RFEF, la fédération espagnole, dans l’affaire du baiser forcé à l’attaquante espagnole Jenni Hermoso, sur le podium de la cérémonie de remise du trophée, lors de Coupe du monde féminine en août 2023.
«J’ai vu que c’était un de mes oncles, qui a toujours été problématique»
S’approche soudain un homme encapuchonné. Il crie : «N’ayez pas peur, tout va bien !» Puis envoie un premier œuf sur Luis Rubiales. Le manque. Pas le second, qui atteint l’ancien homme fort du foot espagnol dans le dos. Puis un troisième auquel Rubiales échappe. Il se lance alors à sa poursuite, manque de se casser la figure, avant d’être retenu par d’autres participants dans la salle. La présentation du livre reprend ensuite son cours. Une autre vidéo montre plus tard le lanceur d’œufs emmené par des policiers.
Atacan con huevos a Luis Rubiales en la presentación de su libro www.eldiario.es/rastreador/l...
— elDiario.es (@eldiario.es) 13 novembre 2025 à 20:02
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Sur Radio Marca, Luis Rubiales a confirmé que son agresseur était son oncle, qui s’appelle comme lui, Luis Rubiales. «Quelqu’un est entré, puis j’ai vu que c’était un de mes oncles, qui a toujours été un homme problématique. Il venait avec des œufs, mais je ne savais pas ce qu’il avait dans les mains et quand je l’ai vu faire irruption, j’ai cru qu’il avait une arme», raconte Rubiales.
La scène bouscule une séquence d’auto-promo censée réhabiliter l’homme. La veille, mercredi, Rubiales avait de nouveau minimisé l’agression sexuelle commise à l’encontre de Jenni Hermoso, pour laquelle il a été condamné à une amende de 10 800 euros. L’ancien défenseur maintient ainsi que le baiser était «consenti», ce que la joueuse a toujours démenti. Depuis une réforme du Code pénal espagnol, un baiser non consenti peut être considéré comme une agression sexuelle, catégorie pénale regroupant tous les types de violence sexuelle.
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Son livre vise à dénoncer, selon ses propres termes, l’«assassinat public» dont il prétend être la victime, fruit d’une «réalité parallèle» fomentée par un «mouvement soudain de l’extrême gauche».
Rubiales accusé par un autre oncle de détournement de fonds
Ce n’est pas la premier oncle qui vient chercher des poux à Luis Rubiales. Juan Rubiales, ancien chef de cabinet de Rubiales à l’époque où il était encore président de la RFEF, avait déjà fait plusieurs révélations à propos de son neveu.
Dans un témoignage rapporté en 2022 dans El Mundo Deportivo, il l’accuse en effet d’avoir organisé en 2020 «une fête dans un chalet privé» à Salobreña, une ville située dans le province de Grenade, aux frais de la fédération espagnole. «La location de cette maison servait uniquement son plaisir et celui de ses proches collaborateurs, les dépenses étant réglées avec les cartes d’entreprise de la RFEF elle-même», avait alors accusé Juan Rubiales, qui ajoutait qu’«un groupe de huit ou dix jeunes filles» y avaient été invitées.
Dans d’autres confidences faites en août 2022, l’ancien chef de cabinet a également accusé son neveu de lui avoir demandé de se servir dans les caisses de la RFEF, quelques jours avant son limogeage, «pour apporter de l’argent à son père». L’oncle aurait refusé la proposition, ce qui aurait entraîné sa disgrâce.
Pour aller plus loin
Ces polémiques se sont tassées depuis. Mais Juan Rubiales avait aussi dû témoigner dans le cadre d’une autre affaire, dans laquelle Luis Rubiales est toujours embourbé, portant sur des soupçons de corruption autour d’un contrat de délocalisation de la Supercoupe d’Espagne en Arabie saoudite.
Les enquêteurs s’intéressent notamment à une série de contrats irréguliers conclus par la Fédération espagnole de football (RFEF) quand Rubiales était au pouvoir, entre 2018 et 2023. L’ancien pro a nié avoir reçu de l’argent de manière «irrégulière» dans cette autre procédure. Plusieurs dirigeants et ex-collaborateurs de la RFEF ont été éclaboussés par les soupçons, au point de décider le gouvernement espagnol à placer l’instance sous tutelle «dans l’intérêt» du pays, qui doit organiser le Mondial 2030 avec le Maroc et le Portugal pour la majeure partie, mais aussi avec l’Uruguay, l’Argentine et le Paraguay, qui accueilleront chacun un match.




