Casquette sur le crâne, sourire rare, mais la présence de celui qui connaît tous les couloirs de stades : la Ligue 1 a perdu un de ses visages les plus familiers. Jean-Louis Gasset, ex-joueur d’une seule équipe ou presque à Montpellier, reconverti adjoint et entraîneur de plusieurs clubs de l’élite, est mort à 72 ans, a annoncé ce vendredi 26 décembre le club de la Paillade, qu’il avait cofondé avec son père, Bernard, et le mythique président Louis Nicollin, son deuxième père.
Gasset rime donc avant tout avec Montpellier, sa ville natale. Son club de cœur, où le milieu de terrain technique joua quasiment toute sa carrière, de 1975 à 1985, le portant de la DH (l’actuelle R1, sixième échelon du foot) à la D1. Et où il revint ensuite à plusieurs reprises à la rescousse comme coach, à la demande expresse de «Loulou» Nicollin.
«Enfant du club, il a marqué tous ceux qui l’ont croisé par son professionnalisme, sa gentillesse et sa soif de transmission», a réagi le MHSC, soulignant avoir «perdu l’une de ses figures emblématiques». Le club héraultais ajoute : «Notre tristesse est immense lorsque l’on se rappelle de son sourire, de sa voix inimitable et de son sens aiguisé de la formule.» Cette faculté à dire les choses avec des mots simples, qui marqua plusieurs générations de joueurs.
Sens de l’équilibre
Jamais bien loin du club héraultais, il s’était fait connaître du grand public en endossant le rôle d’adjoint à succès de Laurent Blanc, qu’il avait d’abord côtoyé comme joueur à La Paillade. A partir de 2009, il avait entamé une collaboration avec l’ancien libero de l’équipe de France à la tête des Girondins de Bordeaux, avec les Bleus et au PSG. Une période féconde qui s’étira jusqu’en 2017.
A Bordeaux, le duo décrocha le titre de champion de France en 2009, avec Yoann Gourcuff à la baguette. Comme sélectionneur adjoint des Bleus ensuite, de 2010 à 2012, il aida surtout le «Président» à soigner les bleus de «l’après Knysna», jusqu’à un Euro 2012 mitigé. Puis le binôme débarqua dans la capitale pour prendre en main le PSG version qatarie durant trois saisons, de 2013 à 2016, avec de quoi étoffer leur palmarès (trois titres de champion de France, deux coupes de France notamment).
Le moment opportun pour se détacher de Blanc et reprendre son envol en solo, en reprenant ses habits d’entraîneur principal, via un retour mitigé à Bordeaux, puis deux expériences à Montpellier et Marseille. Il était apparu las lors de son ultime passage à la tête du club de Montpellier, la saison dernière, alors que sa «Paillade» s’enfonçait vers la Ligue 2. «On n’est plus le club atypique, familial qui essaie de lutter. Je le sens et il y a tout qui s’en va…», avait expiré Gasset, avant de se retirer sur la pointe des pieds en recommandant de nommer comme successeur Zoumana Camara, côtoyé au PSG.
A l’OM, en 2024, en remplacement de Gennaro Gattuso, ses qualités humaines et techniques ont laissé un bon souvenir durant une période compliquée comme l’OM sait en fabriquer. «Le club perd aujourd’hui bien plus qu’un entraîneur : il perd un homme de football respecté, un technicien d’expérience, et une figure profondément attachée aux valeurs humaines de ce sport», a ainsi souligné l’OM, où «il a su apporter son calme, son sens de l’équilibre et son regard avisé», et où il était effectivement «apprécié des joueurs comme des dirigeants».
Au crépuscule de sa carrière, Jean-Louis Gasset connut aussi sa propre expérience de sélectionneur, avec la Côte d’Ivoire, à partir de 2022. Un mandat plutôt convaincant mais qui se termina d’une bien étrange manière, par une démission, en janvier 2024, en pleine CAN à domicile, après un début de parcours raté. L’électrochoc fonctionna à plein régime, son adjoint Emerse Faé conduisant les Elephants jusqu’à un sacre insensé.
Sa mort intervient d’ailleurs alors que les Ivoiriens viennent de remettre leur couronne en jeu dans le cadre de la CAN 2025 au Maroc. «L’homme à la casquette» «restera une des figures marquantes de la victoire de la CAN 2024», a souligné vendredi la fédération ivoirienne. Une des figures marquantes du foot tout court.




