William Prunier gare sa voiture à l’entrée du stade de Chauvigny. Une petite commune de la Vienne nichée à quelques kilomètres de Poitiers. Il fait la visite des lieux sous un ciel gris en gardant son bonnet sur la tête. Le costaud de 58 piges est l’entraîneur de l’équipe de foot locale, l’Union sportive de Chauvigny. Elle évolue en cinquième division. William Prunier est une attraction dans les alentours. Son nom et son physique flirtent avec la nostalgie. Il a été, à la fin du siècle dernier, un personnage atypique et haut en couleur du foot hexagonal. Il a longtemps joué à Auxerre, Marseille et Toulouse. Il a également taclé à l’étranger (Manchester United, Naples ou Copenhague).
Les années passent mais l’image du défenseur rugueux lui colle à la peau. Posé au café, il en rigole. «J’aurais aimé jouer des rôles de méchants au cinéma.» Le destin lui a offert autre chose. Dimanche, Chauvigny se déplace en Seine-Saint-Denis pour les 32e de finale de la Coupe de France. L’équipe affronte Montreuil (qui évolue en sixième division). Un grand match entre petits poucets et des retrouvailles. William Prunier a passé les premières années de sa vie à Montreuil. Sa famille habite encore là-bas, ses potes aussi. Un argument solide pour passer un bout d’après-midi en sa compagnie.
Quelle a été votre première réaction après le tirage au sort de la Coupe de France ?
«Putain, Montreuil !» Tout a commencé pour moi dans cette ville. J’ai démarré le foot dans la cité du Bel-




