Vingt-et-un mois que le journaliste de sport Christophe Gleizes est retenu contre son gré en Algérie. Reporters sans Frontières organise un concert de mobilisation ce jeudi 29 janvier au Bataclan, à Paris, pour mobiliser en faveur du Français de 36 ans et soutenir ses proches. Cette soirée «compte énormément […] et nous met du baume au cœur», a souligné Sylvie Godard, la mère de Christophe Gleizes, au micro de Franceinfo ce jeudi matin. «On sait que Christophe dans sa cellule connaît cet événement et qu’il en est très ému», a-t-elle ajouté.
Collaborateur des magazines français So Foot et Society, Christophe Gleizes a été arrêté le 28 mai 2024 en Algérie. Il s’était rendu pour un reportage sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), basé à Tizi-Ouzou, à 100 kilomètres à l’est d’Alger.
Analyse
D’abord placé sous contrôle judiciaire, il avait été incarcéré en juin 2025 après sa condamnation pour «apologie du terrorisme» en première instance à sept ans de prison. Le 3 décembre 2025, la Cour d’appel de Tizi-Ouzou avait confirmé cette peine. La justice algérienne lui reproche des contacts avec des personnes liées au mouvement séparatiste MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie), classé terroriste en Algérie.
La famille du journaliste sportif n’a toujours pas pu le voir ni échanger par téléphone depuis septembre. «Il garde le moral, il lit beaucoup. Je sais aussi qu’il écrit, mais il ne peut pas nous faire parvenir de lettres. Il s’entretient physiquement, il fait du sport deux fois par semaine dans une salle chauffée», a détaillé Sylvie Godard, précisant que ces informations provenaient de l’avocat de son fils et de l’archevêque d’Alger, Jean-Paul Vesco, qui lui apporte «un soutien spirituel». Christophe Gleizes partage sa cellule avec un jeune Malien de 26 ans, avec lequel il entretient «des relations d’amitié» après sept mois de détention, a précisé sa mère.
Espoir de grâce présidentielle
Après la condamnation en appel de son fils, Sylvie Godard, avait transmis une demande de grâce au président algérien, Abdelmadjid Tebboune. «Il ne nous a toujours pas répondu. C’est mon vœu le plus cher : qu’il puisse prononcer une grâce le plus rapidement possible», affirme la mère de Jérôme Gleize. Le journaliste a par ailleurs formé un pourvoi en cassation pour obtenir un nouveau procès.
Portrait
Mercredi, lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, ses parents avaient déjà fait part de ses conditions d’enfermement compliquées. «Ils ont rappelé que Christophe garde le moral malgré une détention difficile, marquée par l’isolement, l’impossibilité de téléphoner à ses proches, un accès aléatoire au courrier et des visites limitées à 30 minutes tous les 15 jours derrière une vitre», selon un communiqué de cette commission. Ses parents ont en outre «rappelé avec force que Christophe ne doit pas devenir l’otage de jeux politiques ni en Algérie, ni en France», ajoute le texte.
Pour le président de la Commission des Affaires étrangères Bruno Fuchs, la détention de Christophe Gleizes constitue «une atteinte grave à la liberté d’informer». La France «ne transige ni avec la liberté de la presse ni avec la protection de ses ressortissants», a-t-il dit, soulignant que la commission «restait pleinement mobilisée pour obtenir sa libération et activera tous les leviers de la diplomatie parlementaire afin d’y parvenir».




