L’Italie a déjoué une série de cyberattaques russes contre des sites liés aux Jeux olympiques d’hiver de Milan Cortina, a annoncé mercredi 4 février le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, deux jours avant la cérémonie d’ouverture.
La cyberattaque visait «plusieurs sites du ministère des Affaires étrangères, à commencer par l’ambassade à Washington, ainsi que certains lieux liés aux Jeux olympiques de Milan Cortina, notamment des hôtels de la région de Cortina d’Ampezzo», a annoncé Antonio Tajani, confirmant qu’il s’agissait «d’actions d’origine russe».
«Surveillance du réseau»
Depuis le 26 janvier, des membres de la police italienne spécialisés en cybersécurité sont actifs sur les principaux sites liés à l’événement, selon un communiqué officiel. Selon Antonio Tajani, cette activité suit «deux axes stratégiques : la protection des infrastructures informatiques critiques et la surveillance du réseau pour des raisons d’ordre et de sécurité publics, ainsi que pour la prévention et la lutte contre d’éventuelles initiatives terroristes».
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Lors des JO de Paris, en 2024, 141 «événements de cybersécurité», en lien avec les Jeux olympiques, avaient été signalés à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) pendant la compétition, sans qu’aucun n’ait finalement affecté le bon déroulement des épreuves.
La Russie, puissance olympique traditionnelle, n’aura qu’une équipe de treize athlètes à Milan Cortina et ceux-ci devront concourir sous bannière neutre. Une sanction imposée par le Comité international olympique après l’invasion de l’Ukraine par Moscou quelques semaines après les derniers Jeux olympiques d’hiver à Pékin en 2022.
Un peu plus tôt dans la journée, le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi a présenté le plan de sécurité des autorités italiennes pour les Jeux et a réitéré que les agents de la police américaine de l’immigration (ICE), dont l’arrivée en Italie pour les JO avait soulevé une polémique, n’auraient aucun rôle «opérationnel». «Je réaffirme une nouvelle fois le point central : l’ICE n’exerce pas et n’exercera jamais d’activités opérationnelles de police sur notre territoire national», a assuré le ministre devant les députés.
Il a de nouveau précisé que les agents présents en Italie appartenaient au service de sécurité intérieur (HSI) chargé d’analyses sur l’anti-terrorisme et la criminalité internationale, et non à l’unité chargée de la lutte contre l’immigration, dont les méthodes choquent aux Etats-Unis.
Tireurs d’élite et forces de l’ordre sur des skis
Quelque 6 000 membres des forces de l’ordre, comprenant entre autres des tireurs d’élite, des skieurs, des unités cynophiles, des unités anti-sabotage, anti-terrorisme, seront chargés de la sécurité lors des JO, précisé le ministre, ajoutant que le gouvernement a financé le volet sécurité des JO avec 30 millions d’euros en 2025 et 114 millions d’euros en 2026, a précisé le ministre. Le ministère de la Défense à pour sa part indiqué que près de 2 000 militaires seraient également présents avec 170 véhicules, des radars, des avions et des drones.
Plusieurs manifestations sont annoncées lors du week-end d’ouverture des JO, essentiellement en raison de leur impact environnemental et des enjeux politiques de l’événement.
Des militants pro-palestiniens prévoient une manifestation à l’arrivée de la flamme olympique à Milan jeudi 4 février pour protester contre la participation d’Israël aux JO . D’autres manifestations sont prévues vendredi, lors de la cérémonie d’ouverture au stade San Siro de Milan, ainsi que samedi dans la ville. Plusieurs organisations militantes dénoncent l’impact des infrastructures (nouveaux bâtiments, transports, etc.) sur des milieux montagneux déjà fragilisés, ainsi que l’utilisation généralisée et énergivore de neige artificielle.
Mise à jour à 17 h 40 avec détails sur le plan de sécurité




