Hécatombe à la chefferie. Comme une boule de neige, les démissions enflent dans les rangs du Comité d’organisation des jeux olympiques d’hiver 2030. Bertrand Meheut, ancien président du groupe Canal + et ex-patron du Pari mutuel urbain (PMU), a annoncé lundi 2 février à la mi-journée l’abandon de son poste à la présidence du Comité des rémunérations. Un départ hautement symbolique – tant son rôle est important –, et qui intervient surtout à la suite du départ d’Arthur Richer, directeur de la communication (le 23 janvier) et celui d’Anne Murac, directrice des opérations (9 décembre). Aucun d’entre eux n’a donné de justification à ces démissions spontanées.
Chargé jusqu’ici de donner son avis sur les rémunérations et avantages en nature des salariés des Alpes 2030 et notamment des cadres dirigeants, Bertrand Meheut a précisé dans un communiqué que son départ précipité «ne remet pas en cause la gouvernance de l’organisation ni les principes de transparence qui la guident». Et d’ajouter : «un processus de remplacement sera engagé dans les prochaines semaines afin de reconstituer le comité et reprendre ses travaux. L’organisation est pleinement mobilisée pour garantir un cadre de gouvernance clair et conforme à ses engagements». D’après une source proche du dossier, deux autres membres de ce même Comité de rémunérations - dont les entités n’ont pas été précisées - ont également annoncé leur départ.
Trois départs en deux mois
A quelques jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Milan-Cortina d’Ampezzo, cette avalanche de départs semble illustrer le tumulte ambiant qui règne dans les équipes dirigeantes du Comité d’organisation des jeux. Des départs spontanés et, bien souvent, incompris. Contacté par le Monde, Bertrand Meheut n’a pas souhaité commenter sa décision.
Dans la foulée des démissions d’Arthur Richer et Anne Murac, la ministre des Sports, Marina Ferrari avait exigé fin janvier une «clarification rapide et complète sur la gouvernance et la stabilité» du Cojop. Le bureau exécutif de ce dernier ainsi que ses parties prenantes – le gouvernement, les comités olympique et paralympique, les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes - avaient alors conjointement annoncé le lancement d’une «mission» dans le but de garantir au projet «une organisation plus lisible, stable et opérationnelle». Au même moment, avait également été annoncée «la présentation d’une organisation consolidée à l’issue des Jeux de Milan Cortina (6 au 22 février) et de la mission conduite, lors du bureau exécutif du 19 mars».
«Tensions en interne et en externe»
Fin janvier, une source proche du dossier a fait état de «tensions en interne» au Cojop, mais «aussi en externe» avec les institutions du monde sportif, autour des «choix politiques», «stratégiques» ou «managériaux» déjà pris ou à prendre, dans un contexte de divergences entre certains responsables parisiens et des acteurs régionaux. Concrètement, le Comité d’organisation des JO Alpes 2030 - à cheval sur les régions Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) - a été créé après des mois de tergiversations, sur fond de désaccords entre les deux ténors régionaux, Laurent Wauquiez et Renaud Muselier. En parallèle, la désignation d’Edgar Grospiron à la tête du Cojop, a été plébiscitée à la hâte, à l’issue d’une campagne express de dix jours, marquée par une bataille politique interne, au détriment parfois, du projet olympique.
Edgar Grospiron doit présenter ce mardi 3 février une «vision d’avenir» du Cojop devant la session du Comité international olympique (CIO) réunie à Milan, avant l’ouverture des JO d’hiver.




