Venus à Doha sans leurs stars Léon Marchand, Florent Manaudou et Maxime Grousset, les Bleus de la natation repartent de ces Mondiaux avec un bilan en demi-teinte. C’est donc une délégation amputée de ses meilleurs atouts qui s’est alignée sur la ligne de départ. Douze nageuses et nageurs tous animés de la même ambition : décrocher des médailles et se rassurer avant les JO. Il faut y ajouter tous les plongeurs, poloïstes et spécialistes de l’eau libre qui ont pris part à ce grand rendez-vous des sports aquatiques au Qatar. Dans leurs cas, l’enjeu était autrement plus décisif : aller chercher une qualification pour les Jeux de Paris.
A ce jeu-là, les tricolores ont carrément assuré. Pour la première fois de son histoire, l’équipe de France d’eau libre a qualifié quatre nageurs pour les JO – Caroline Jouisse, Océane Cassignol, Logan Fontaine et Marc-Antoine Olivier. Les deux nageuses ont validé leur ticket pour Paris en terminant dans les dix premières de leurs deux courses, sur 5 et 10 kilomètres. Et les nageurs ont même signé un doublé historique, en finissant respectivement premier et deuxième sur le 5 kilomètres. Une seconde médaille d’argent pour Marc-Antoine Olivier, déjà titré sur le 10 kilomètres. Ce dernier n’était pas assuré de disputer les Mondiaux : seulement quarante-huit heures avant le départ du 10 kilomètres, le nageur a appris qu’il était blanchi par le Tribunal arbitral du sport, après trois manquements en matière de lutte antidopage. Mais il n’est pas encore totalement tiré d’affaire, la Fédération internationale de natation et l’Agence mondiale antidopage pouvant toujours faire appel de la décision.
Petite finale frustrante pour les poloïstes
Autre première dans l’histoire : l’équipe de France de plongeon a qualifié deux représentants à l’olympiade parisienne. Parvenus jusqu’en finale du plongeon 3 mètres, Jules Bouyer et Gwendal Bisch ont assuré leur ticket nominatif pour cet été. Quelle fierté pour les deux amis qui se sont préparés et qualifiés ensemble. En argent sur le plongeon 27 mètres, Gary Hunt ne disputera pas à Paris cette épreuve, non inscrite au programme olympique. Naturalisé en 2020, le plus british des plongeurs français aura néanmoins une chance de faire ses preuves sur le plongeon synchronisé à 10 mètres.
En water-polo, l’équipe de France masculine repart avec sa «médaille en chocolat». Une quatrième place qui signe une progression fulgurante ces dernières années. Mais une petite finale frustrante après un tournoi mené de main de maître. Pour leur entraîneur, ce résultat ne fait aucun mystère, c’est «l’effet Paris 2024». Cette performance ne permet pas d’oublier la treizième place de l’équipe féminine, une déconvenue quand on sait que les poloïstes avaient fini neuvièmes de leurs derniers Mondiaux, et même huitièmes en 2022 (leur meilleur résultat). Ne reste plus qu’à espérer qu’à Paris, le chiffre 13 leur porte bonheur. Car les Bleues du water-polo seront tout de même présentes aux Jeux, comme leurs homologues masculins : la France étant pays hôte, tous sont qualifiés d’office.
La désillusion d’Anastasiia Kirpichnikova
Au rayon de ceux venus grappiller des médailles, le bilan est moins glorieux. A l’image de Charlotte Bonnet, et sa petite septième place décrochée dans la finale du 200 mètres quatre nages. Forcément un peu décevant après avoir signé le cinquième meilleur chrono lors des demi-finales.
Mais une autre nageuse, également entraînée par Philippe Lucas, encaisse une désillusion encore plus grande. On attendait beaucoup d’Anastasiia Kirpichnikova, naturalisée française au printemps 2023 après avoir fui la Russie, et qui avait rapporté deux médailles d’or à son pays d’adoption aux derniers championnats d’Europe, en décembre. C’était sans compter sur la maladie : atteinte pendant trois semaines d’une grippe, qui s’est transformée en bronchite, la nageuse s’est présentée à Doha bien diminuée. Même pas qualifiée pour la finale du 400 mètres nage libre, elle a terminé ses Mondiaux en déclarant forfait pour le 800 mètres. Sur 1 500 mètres, où elle aurait bien aimé monter sur le podium, surtout en l’absence de Katie Ledecky (l’Américaine championne olympique en titre sur cette distance). Kirpichnikova a finalement dû se contenter de la cinquième place, terminant sa course avec un chrono très éloigné de ses performances habituelles.
De belles médailles pour David Aubry et Mélanie Hénique
Les résultats de David Aubry, double médaillé d’argent aux championnats d’Europe, sont à l’image du bilan tricolore global : mi-figue mi-raisin. Sur le 400 mètres nage libre, il ne s’est pas qualifié pour la finale, à quelques dixièmes de seconde près – ayant réalisé le neuvième chrono lors des séries, alors qu’il fallait être dans les huit premiers. Mais le Montpelliérain a su se rattraper, en conclusion des Mondiaux, grâce à sa belle médaille de bronze sur 1 500 mètres.
Finalement, la plus en forme aura été Mélanie Hénique. Hyper régulière dans ses temps, deuxième des séries, deuxième des demi-finales, la Marseillaise a logiquement terminé deuxième de la finale du 50 mètres papillon. De quoi s’ouvrir un horizon prometteur pour l’échéance olympique.




