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Les Jeux asiatiques d’hiver, prévus en Arabie Saoudite pour 2029, finalement reportés

L’attribution des épreuves sportives au royaume saoudien avait provoqué une vive polémique. Les Comités olympiques saoudiens et asiatiques ont annoncé samedi 24 janvier le report de la compétition à une date non précisée.

Vue de Trojena, zone de la mégapole saoudienne Neom, le 24 janvier 2026. (Neom/AFP)
Publié le 28/01/2026 à 13h14

Finalement, peut-être que faire du ski dans le désert a été jugé trop compliqué à réaliser. Initialement prévus pour 2029, les Jeux asiatiques d’hiver qui devaient se dérouler en Arabie Saoudite ont été ajournés. L’annonce a été faite samedi 24 janvier via un communiqué du Comité olympique saoudien et du Comité olympique asiatique (OCA). Pour l’heure, la date du report n’est pas connue.

«Le comité olympique et paralympique saoudien et l’OCA se sont mis d’accord sur un nouveau cadre pour l’organisation future des Jeux asiatiques d’hiver, confirmant le report de l’édition 2029 à une date ultérieure qui sera annoncée en temps voulu», soulignent les deux instances dans un texte conjoint.

L’OCA avait soulevé une polémique en attribuant en 2022 l’organisation de cette compétition à Neom, une mégapole futuriste en construction dans le désert montagneux et rocailleux de Trojena, dans le nord-ouest du riche Etat pétrolier du Golfe. Jamais un événement international de sports d’hiver n’a eu lieu dans cette région du monde, connue pour ses paysages désertiques, sa météo caniculaire ou encore ses atteintes régulières aux droits de l’homme.

D’ordinaire, les épreuves des Jeux asiatiques d’hiver se tiennent là où il y a de la neige, comme en Chine ou encore au Japon. La dernière édition, en 2025 avait eu lieu à Harbin, dans l’est de la Chine.

Depuis quelques mois, le projet de Jeux asiatiques version désert saoudien avait du plomb dans l’aile. En août, le Financial Times a rapporté dans un article que le royaume saoudien était à la peine pour construire les infrastructures nécessaires dans les temps. Face à l’urgence, les organisateurs avaient même proposé d’accueillir l’événement quatre ans plus tard que prévu.

Toujours selon le quotidien financier britannique, les Saoudiens envisageaient de proposer à la Corée du Sud et à la Chine d’accueillir le raout. Ces deux pays ont respectivement organisé les Jeux olympiques d’hiver en 2018 et 2022.

Un choix susceptible «d’altérer les écosystèmes» alerte Greenpeace

Souvent critiquée pour son manque de respect des droits humains, l’Arabie Saoudite multiplie depuis quelques années les investissements dans le football mais aussi la Formule 1, le golf, l’équitation ou la boxe pour redorer son image.

Concernant les jeux de 2029, Trojena était censé comprendre des pistes de ski, un lac artificiel d’eau douce, des chalets, des manoirs et des hôtels de luxe. De quoi provoquer l’ire de nombreux experts et défenseurs de l’environnement. Ainsi, Greenpeace a critiqué ce choix comme dangereux et susceptible «d’altérer les écosystèmes».

Si le royaume a acté le report des jeux, le souhait de bâtir la ville futuriste de Neom, projet chéri par le roi Mohammed ben Salmane, est encore bien d’actualité. Fin octobre, le directeur du fonds souverain de la monarchie du Golfe (PIF) faisait savoir que malgré les retards, les changements de personnel ou encore les révisions de conception, ce projet évalué à 500 milliards de dollars demeurait toujours une priorité pour l’Arabie Saoudite.

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