C’est le geste ultime du basket. Celui qui soulève une salle et un banc, celui qui sublime la technique et la puissance. Julie Tetart sait claquer son dunk à l’entraînement. Mais quand elle arrive sous le panier en match, elle se ravise. Son équipe de Monaco ne l’a jamais vue s’accrocher à l’arceau. «Je me censure sur le dunk, admet-elle. J’ai eu l’occasion plusieurs fois. Si je le fais, je sais que ça ne va pas le faire. Je prends déjà des vagues.» Des vagues de haine, d’insultes, de sarcasme. Rien que sa photo d’un dunk à l’échauffement postée sur Instagram lui a valu des dizaines de messages privés remettant en cause sa «légitimité» et son identité.
Julie Tetart, 33 ans, est une joueuse licenciée à Monaco Basket Association. Elle est la deuxième femme transgenre à évoluer sur les parquets de Ligue féminine 2, la deuxième division française. La première est Aurore Pautou, dans l’effectif de La Tronche Meylan (Isère), actuel leader. Ces deux intérieures, qui signent les meilleures stats de leur championnat, s’affronteront ce samedi 6 décembre à 20 heures lors de la dixième journée.
Le sport a «toujours été un pilier» dans la vie de Julie Tetart. Elle commence le basket à 5 ans à Saint-Quentin, dans l’Aisne. Une pratique qui l’emmène jusqu’en prénational et N3 avec les équipes masculines. «J’ai su très tôt, très jeune, que j’étais trans, se rappelle-t-elle aujourd’hui. Le basket était un exutoire. Ça me permettait de m’évader. Quand je sui




