Tous ces drapeaux bleu-vert-blanc en ont intrigué plus d’un, dans les rues de Cortina. Lors d’une première halte dans la station au milieu de la quinzaine olympique, on s’était amusé, au cours d’un trajet en navette qui amenait jusqu’au pied de la Tofane, la piste de ski alpin féminin, à compter celles qui pendaient des chalets jalonnant la route.
La bannière en question est celle des Ladins, et on ne pouvait pas repartir du nord de l’Italie sans aller à leur rencontre. Ils sont les reclus. Les privés de fête. Ils font pourtant partie des hôtes, et le grand cirque blanc olympique a posé ses caravanes en partie en Ladinie, un territoire englobant Cortina, et s’étendant le long de cinq vallées, à cheval entre les provinces de la Vénétie, du Trentin, du Haut-Adige, incluant la région du Sud-Tyrol, à l’extrême nord du pays.
Préservation des us et coutumes ladines
Il paraît qu’environ 3 000 personnes, soit environ la moitié des résidents de Cortina, sont des locuteurs ladins. La statistique ne s’est pas vraiment vérifiée dans les artères du centre chic, où, à chaque fois qu’on s’est pointé en bas d’un balcon orné des trois couleurs pour toquer, on n’a rien eu en retour. Les vendeurs et barmans des échoppes ouvertes au rez-de-chaussée n’étaient pas beaucoup plus renseignés pour nous aiguiller.
Il faut passer la porte entrouverte d’une petite chapelle, submergée par la neige battante, perdue dans le cœur de la ville, pour enfin en croiser. Deux fidèles ont bravé les -7°C du jour pour se recueillir. Emmitouflé, Federico dit




