Une révolution à l’échelle de l’ovalie. France Télévisions a annoncé ce mardi 6 janvier qu’elle cédait les droits de diffusion de neuf des quinze matches du Tournoi des six nations de rugby à sa concurrente privée TF1, dont les deux matchs à l’extérieur du XV de France, pour réaliser des économies. TF1 et sa plateforme TF1 + diffuseront notamment Pays de Galles-France (15 février) et Écosse-France (7 mars), ainsi que les rencontres Angleterre-Pays de Galles, Angleterre-Irlande ou encore Italie-Angleterre.
Décryptage
De son côté, le groupe public annonce conserver «six des plus belles rencontres» du Tournoi 2026, dont le match d’ouverture France-Irlande (5 février) et France-Angleterre en clôture le 14 mars. «Du fait des très fortes contraintes budgétaires qui s’imposent à l’entreprise en 2026, France Télévisions, au terme d’un accord conclu avec le groupe TF1, sous-licencie les droits de diffusion de 9 des 15 matchs qui se tiendront majoritairement durant les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Milan-Cortina», indique France Télé, diffuseur historique du Tournoi, dans son communiqué. Aucun montant financier n’a été communiqué.
Fin juin 2025, France Télévisions avait annoncé avoir acquis les droits exclusifs de diffusion de l’intégralité des matchs des tournois masculin et féminin de 2026 à 2029, alors que le groupe TF1 avait un temps semblé pouvoir être intéressé.
Meilleure audience
Le match de clôture du Tournoi 2025 remporté par les Bleus, France-Écosse (35-16), a été la meilleure audience de l’année à la télévision, avec 9,8 millions de téléspectateurs. L’accord avec France Télévisions «vient renforcer l’offre de retransmissions sportives du Groupe TF1 et contribue au positionnement du rugby comme le second pilier de notre offre d’évènements sportifs aux côtés du football», se félicite de son côté le groupe privé. TF1 a déjà acquis les droits notamment de la Coupe du monde de rugby 2027 et des Championnats des nations 2026 et 2028.
Service public
La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, avait indiqué en novembre qu’elle n’aurait «aucun tabou» pour baisser les dépenses dans un contexte budgétaire tendu. Elle avait chiffré à «150 millions d’euros» les économies à réaliser, sur un budget de 3 milliards, en prenant en compte le comblement du déficit de 2025 et la baisse attendue de la dotation de l’État (- 65 millions d’euros), sur fond de marché publicitaire en berne.
Les économies concerneront aussi les droits sportifs. «Ces dernières années, nous avons œuvré pour conserver nos principaux droits sportifs, que ce soit Roland-Garros, le Tour de France, les JO, les Six Nations, etc. Mais nous sommes conscients qu’il faudra faire des choix et revendre une partie de nos droits», avait souligné la dirigeante.




