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Remonter la pente

Ski : sept ans après sa retraite, l’Américaine Lindsey Vonn renoue déjà avec le succès à Saint-Moritz

A 41 ans, l’une des plus grandes skieuses de l’histoire, une victoire et un podium ce week-end, prouve qu’il faudra compter avec elle aux jeux de Milan-Cortina, en février.

Lindsey Vonn speeds lors de sa course victorieuse à Saint-Moritz. (Gabriele Facciotti/AP)
Publié le 12/12/2025 à 13h11, mis à jour le 13/12/2025 à 14h19

41 ans et tous ses dons. Toute sa volonté, tout son professionnalisme, toute sa hargne pour la gagne. Et avec un genou en titane. Il y a sept ans, telle une grognarde des pistes, corps saturé de blessures et âme brisée de devoir renoncer, l’Américaine Lindsey Vonn annonçait sa retraite. Ce vendredi 12 décembre, elle a remporté la descente de Coupe du monde à Saint-Moritz, en Suisse. Samedi 13, pour la deuxième épreuve, elle a fait à peine moins bien, se classant deuxième derrière Emma Aicher. Sa dernière victoire remontait au 14 mars 2018. Coucou la revoilà à quelques semaines des Jeux olympiques à Milan-Cortina (du 6 au 22 février). Le message envoyé à la concurrence est clair : je suis de retour au sommet et il faudra m’en déloger.

Sortie de sa retraite l’hiver dernier après pratiquement six années de coupure, Lindsey Vonne affirmait mercredi : «Je me sens super bien et physiquement, je suis possiblement dans la meilleure forme de ma vie, ce qui est amusant. Et mon corps ne me fait pas mal, ce qui est sûrement ce qui compte le plus.».

Championne olympique de descente en 2010, Vonn a effectué l’hiver dernier à 40 ans son retour à la compétition, près de six ans après avoir arrêté sa carrière, l’armoire à trophées débordante : un titre olympique (descente 2010 à Vancouver plus le bronze en Super-G), 82 succès en Coupe du monde (quadruple vainqueure du classement générale), deux titres mondiaux.

L’Américaine avait très rapidement retrouvé ses sensations, avec une quatrième place dès sa troisième course en super-G à St. Anton (Autriche) et un podium pour sa dernière course de l’hiver à Sun Valley (Colorado), en super-G. Pour préparer l’hiver, qui sera rythmé par les Jeux olympiques dans sa station de cœur – elle y est montée pour la première fois sur un podium, il y a… vingt et un ans –, à Cortina (Italie) en février, Vonn a mis les bouchées doubles cet été pour retrouver son meilleur niveau physique. «Mon but était de devenir beaucoup plus forte. La saison dernière, je n’avais pas eu assez de temps pour me préparer et pour regagner ma masse musculaire, déroulait-elle il y a deux jours. Je suis encore un peu plus légère que quand j’étais à mon sommet, mais j’ai pu prendre 12 livres [environ 5,5 kg, ndlr] cet été, j’étais super contente. Là, je coche toutes les cases : physique, équipement, entraîneur. Tout est aligné au mieux, je ne pourrais pas être dans une meilleure position», résumait la meilleure descendeuse de l’histoire, qui a fait appel à l’ancien skieur norvégien Aksel Lund Svindal (double vainqueur aux Jeux) pour l’accompagner dans sa saison olympique.

Ex-compagne de Tiger Woods, adepte des fashion-weeks, des talons hauts et des tapis rouges, Lindsey Vonn a dépoussiéré l’image traditionnelle de la skieuse. Il y a quelques semaines elle se montrait très cash dans l’Equipe magazine (pour laquelle elle s’était livrée à un shooting digne d’un top-model) : «Je suis consciente que pour notre génération, si on veut gagner de l’argent, il faut jouer avec les règles. S’exposer est le jeu auquel on joue désormais. Il n’y a pas de sport sans fan et si vous ne les intéressez pas, vous êtes exclues du business.» Vonn est back in business et sur les pistes. Et pas pour faire de la figuration.

Mise à jour samedi 13 décembre avec sa deuxième place lors de la deuxième descente de St-Moritz
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