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Ça aurait pu être la belle histoire du jour. Une carrière forte de quinze saisons en Coupe du monde et trente-quatre podiums, qui se clôt sur un happy end. Un départ à la retraite enjoué, les valeureux états de service gravés dans le marbre d’une rondelle de métal aux vertus miraculeuses : avec elle, l’athlète entre dans l’histoire, est validé pour l’éternité, pas loin du totem d’immunité. Au lieu de quoi, ce vendredi 20 février au snowpark de Livigno, pour sa troisième participation aux JO, Marielle Berger-Sabbatel, 36 ans, a fini à la pire place au skicross : quatrième. La «médaille en chocolat», à l’amertume maximale.
Michel Lucatelli, entraîneur du skicross tricolore, a le regard qui s’embue : «Elle aura tout fait, aujourd’hui elle passe à côté… Tout son travail, tous ses efforts, ça n’a pas été récompensé… C’est comme ça, c’est le sport.» Avant lui, Jade Grillet-Aubert, Mylène Ballet Baz et Anouck Errard, qui se sont arrêtées en demi-finale ou en quart, ont toutes dit peu ou prou la même chose : qu’elles regrettaient de n’avoir pas réussi à pousser plus loin, mais que Marielle Berger-Sabbatel méritait d’être la dernière Française en lice «après toutes ces années», et que le fait qu’elle reste au bas du podium était trop moche.
«Finir quatrième, c’est si triste»
Doyenne des Bleus présents à Milan-Cortina 2026, Marielle Berger-Sabbatel est la leader de l’équipe de France féminine de skicross. Née à Bourg-Saint-Maurice, licenciée aux Arcs, elle a commencé par le ski alpin, a fait de la compétition au niveau européen, avant de bifurquer vers le skicross à 21 ans. Autant dire un pilier de la discipline dans l’Hexagone.
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«Finir quatrième, c’est si triste», dit-elle à peine arrivée en zone mixte, celle des échanges avec les journalistes. La peine et les pleurs. D’autant que Marielle Berger-Sabbatel n’a pas le sentiment d’être passée à côté de la finale. Un départ moyen mais bientôt elle revient à hauteur. «Je suis bloquée sur la gauche et dans ce parcours, avec la neige fraîche, dès qu’on sort de la trace, on ralentit.» De quoi compliquer une partie qui s’annonçait corsée dès le départ vu la concurrence, d’ailleurs le podium n’a rien d’un coup de théâtre : l’Allemande Daniela Maier (or), la Suissesse Fanny Smith (argent) et la Suédoise Sandra Naeslund (bronze) sont des protagonistes du premier rang de la Coupe du monde. Pour autant, oui, «MBS» aurait pu s’y faufiler, elle qui a remporté une épreuve fin décembre 2025.
«Mon corps a besoin de souffler»
A l’heure du bilan, que propose le journaliste toujours pressé, MBS concède : «C’est sûr que quand j’ai commencé, jamais je n’aurais pu imaginer faire 34 podiums, 3 Olympiades.» Et aussi : «J’ai quand même joué une médaille olympique aujourd’hui.» Sans compter que ce petit format (1,61 m) en béton armé − son Instagram atteste d’une pratique de la muscu à haute dose – a été cabossé à répétition : fractures aux vertèbres en 2014, plusieurs fractures au pied en 2015, rupture des ligaments croisés en 2022.
C’est d’ailleurs pour ça, pour écouter son corps, qu’elle se retire de la bagarre du skicross, des coudes à coudes fast and furious : «Mon corps a besoin de souffler, ce n’est pas simple tous les jours, et puis c’est moi qui décide, tous les athlètes n’ont pas cette chance.» Lucidité de l’expérience. Bientôt, le recul – et des vacances, premier objectif post-retraite – apaisera aussi la peine de ce vendredi 20 février 2026, à Livigno.




