Johannesburg correspondance
Après plusieurs années de controverse, de bagarres juridiques et de pressions des ONG, le gouvernement sud-africain a officiellement présenté hier un plan national de distribution gratuite de médicaments antirétroviraux aux malades du sida sur cinq ans, et annoncé un financement de 45 millions de dollars pour la première année, sans pour autant indiquer de dates précises de lancement. Un plan qui, s'il est réellement concrétisé, pourrait donner l'exemple à de nombreux pays africains.
Près de 5 millions de Sud-Africains sont séropositifs et près de 600 meurent chaque jour de la maladie. Le gouvernement sud-africain prévoit de créer, en un an plus de cinquante points de distribution pour environ 50 000 malades, tandis qu'il estime à 500 000 le nombre de malades ayant besoin d'antirétroviraux.
«Le changement d'attitude est radical», reconnaît Eric Goemaere, responsable de Médecins sans frontières en Afrique du Sud. Depuis presque deux ans, l'ONG fournit des antirétroviraux à plus de 600 personnes dans une township près du Cap. «Lorsqu'on a voulu développer un programme de distribution ailleurs, on nous a fait savoir que c'était illégal, et que le gouvernement ne tolérerait pas les antirétroviraux», souligne Goemaere.
«Docteur No». Le noeud de la discorde remonte à octobre 1999, quand le président sud-africain Thabo Mbeki a mis en cause la sûreté de l'antirétroviral AZT. Le Président, sous l'influence d'un lobby remettant en cause le lien entre VIH et sid




