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Libération

L'improbable monsieur bébé de Panos Zavos

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Publié le 19/01/2004 à 22h06

Un an après l'annonce faite par la secte Raël de la naissance d'Eve-le-clone, le biologiste américain Panos Zavos tente de ranimer à son profit la flamme du clonage humain. «Nous avons transféré le premier embryon cloné chez une femme de 35 ans. Comme deux semaines ne se sont pas encore écoulées depuis, nous attendons les résultats de la grossesse», a-t-il déclaré devant la presse, samedi, à Londres. Ainsi, on est prié de croire qu'il existe, dans un pays inconnu, dans l'utérus d'une femme inconnue, un embryon humain, clone d'un inconnu, qui deviendra un bébé d'homme au printemps. Suspens torride ? L'annonce des raëliens était «clonesque» (Libé du 28 décembre 2002). Celle de Panos Zavos l'est à peine moins. Elle a un seul mérite : rappeler qu'il n'existe encore aucune loi internationale interdisant cette pratique d'assistance à la procréation.

Sperme du dindon. Une pratique qui est, faute de preuve contraire, toujours dans les limbes. Zavos est-il bien placé pour faire naître un bébé clone, en chair et en os, empreintes génétiques incontestables en main ? On peut en douter. Biologiste de la reproduction, à la tête d'une obscure clinique sise à Lexington, dans le Kentucky, Zavos est sorti de l'ombre en surfant sur l'émoi suscité par l'annonce de la naissance de Dolly, le clone de brebis, en 1997. En janvier 2001, l'homme se fait un nom en rejoignant le «consortium de clonage humain» créé par l'extravagant gynécologue italien Severino Antinori. En août 2001, il connaît le grand

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