Face aux millions de victimes du sida en Afrique, le Vatican a décidé de frapper d'anathème les laboratoires pharmaceutiques. A l'occasion du message papal du carême, le président du conseil pontifical Cor Unum qui gère les actions caritatives du souverain pontife, monseigneur Paul Josef Cordes, a dénoncé hier le fait qu'il y a des «enfants qui meurent parce qu'ils n'ont pas de médicaments», tandis que le père Angelo D'Agostino allait jusqu'à parler de génocide. «C'est à cause de l'action génocidaire des cartels pharmaceutiques qui refusent de baisser les prix pour l'Afrique que 400 personnes meurent chaque jour du sida au Kenya, alors qu'en Europe et en Amérique du Nord la maladie est de moins en moins mortelle», a attaqué le missionnaire en poste au Kenya.
En écho aux propos du pape Jean-Paul II selon lequel «l'humanité ne peut aujourd'hui fermer les yeux devant un drame aussi préoccupant», Paul Josef Cordes a insisté : «Il faut une pression de l'opinion publique pour convaincre les sociétés pharmaceutiques d'abaisser les prix pour soigner les victimes du sida.» Interrogés sur le veto de l'Eglise au sujet des préservatifs qui pourraient limiter la contamination, les responsables catholiques ont préféré faire porter la responsabilité de la tragédie aux laboratoires et aux comportements des Africains. De toutes les manières, «les préservatifs ne sont pas acceptés par les communautés africaines», a soutenu le père D'Agostino.
L'industrie pharmaceutique prend évidemment très mal




