La grippe aviaire a étendu hier encore son emprise. L'Indonésie a rejoint la liste des dix pays asiatiques dont les élevages ont été touchés par le virus H5N1 depuis sa résurgence en Corée du Sud, le 15 décembre.
Progression. Le bilan humain de la fièvre aviaire s'est également alourdi : un quatrième décès est survenu hier en Thaïlande, ce qui porte à treize le nombre de décès, le Vietnam ayant déclaré neuf morts. Les examens ont établi que le décès suspect en Allemagne n'était pas lié à l'épidémie.
Cette progression signe-t-elle l'émergence d'une nouvelle forme de grippe humaine ? Sans doute pas. Aucun cas de contamination interhumaine n'a été confirmé à ce jour, et les autorités sanitaires internationales incitaient, hier, à une sérénité vigilante : «Il est très important de garder son calme à propos des scénarios-catastrophes», a déclaré Michael Ryan, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), évoquant néanmoins le risque que le virus aviaire s'humanise en «empruntant» les gènes d'un virus de grippe humaine. «Nous ne sommes pas en présence d'un danger imminent pour la santé publique mais d'un danger potentiel», a-t-il ajouté. Une telle mutation «prendrait des mois, voire davantage», avant de devenir un problème de santé publique.
Mutation. Cependant, remarque Philippe Vannier, directeur de la santé animale à l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation (Afssa), «plus l'épisode de grippe aviaire durera, plus le risque d'un tel événement génétique sera grand».




