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En Guyane, un piranha qui vit d'herbe et d'eau fraîche

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Publié le 03/03/2004 à 23h33

Trois cents piranhas ont pris l'avion, sautant de leur fleuve guyanais pour plonger dans les aquariums de la Porte-Dorée à Paris (lire ci-contre). Une occasion de présenter deux espèces nouvellement décrites par des chercheurs du Muséum et de l'Institut de recherche et développement : Michel Jégu et son équipe ont redécouvert des piranhas herbivores, appelés kumarus, qui nagent dans le haut Maroni. Les Amérindiens de Guyane les connaissent depuis longtemps et les adorent, grillés sur le feu.

Ces piranhas herbivores sont parmi les plus gros poissons du fleuve Maroni. Ils peuvent peser jusqu'à cinq kilos, se nourrissent de plantes qui poussent dans les rapides et de fruits des berges. Leurs dents arrondies ne correspondent pas à l'image que l'on se fait du dangereux petit carnivore pourvu lui de dents pointues. Mais l'un des plus gros avantages de ces poissons est qu'ils sont indemnes de mercure, fait particulièrement appréciable dans cette région polluée par l'industrie aurifère. Ils sautent une partie de la chaîne alimentaire, contrairement à leurs cousins carnivores, qui sont eux contaminés et présentent un danger pour l'homme.

Aussi leur étude passionne-t-elle les chercheurs qui leur ont consacré quelques expéditions. Pierre-Yves Le Bail, de l'Institut national de recherche agronomique (Inra), avait capturé des kumarus dans les années 90, mais il n'avait pu en ramener. Michel Jégu et son équipe lui ont donc dédié l'une des espèces nouvellement décrites en la nommant Tometes

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