Montréal, de notre correspondante.
Alors qu'a débuté cette semaine, dans l'estuaire du fleuve Saint-Laurent, la saison touristique d'observation des baleines, une étude parue le 29 avril dans Nature confirme que la proximité des bateaux et la pollution sonore associée ont bel et bien un impact sur le comportement des cétacés. Après avoir étudié pendant plus de vingt-cinq ans une petite population d'épaulards vivant à proximité de l'Etat de Washington, sur la côte Ouest des Etats-Unis, des chercheurs britanniques et américains ont constaté que ces mammifères (dont la population est en déclin depuis 1996) émettent désormais des sons plus longs (15 %), en réponse à l'accroissement significatif du niveau sonore ambiant durant la dernière décennie.
«Voyant rouge». «Il y a donc quelque chose qu'ils ne pouvaient plus faire de façon efficace», analyse Robert Michaud, le directeur scientifique du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (Gremm). Lui croit que ce «changement profond» doit «allumer un voyant rouge». «Ces modifications de comportement seront-elles suffisantes ? Vont-elles affecter les chances de survie des épaulards, et leur capacité à coordonner leurs activités pour obtenir de la nourriture, ou à se reproduire ?» Ce n'est pas la première fois que l'impact du tourisme sur les mammifères marins fait l'objet de recherches, notamment au Québec, où l'industrie de l'observation de la baleine, apparue en 1979, génère des dizaines de millions de dollars.
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