Les souris ont pris leurs quartiers, dix semaines durant, dans des cages au bord d'une autoroute canadienne de la zone industrielle du lac Ontario, au Canada. Les automobilistes ne les ont probablement pas remarquées, pas plus que les ouvriers de l'aciérie, à quelques lieues de là, n'ont repéré cette autre escouade de souris, gîtant sous le vent des cheminées. Les rongeurs planqués sont néanmoins les vedettes d'une troublante recherche relatée aujourd'hui dans la revue américaine Science.
Corrélation. Au terme d'une série d'expériences in situ et d'analyses moléculaires, trois chercheurs canadiens ont conclu que «les particules aériennes causent des changements génétiques qui peuvent passer d'une génération à l'autre». Ainsi, la pollution de l'air, source de nombreuses maladies chez l'homme, altère l'hérédité. C'est la première fois qu'une telle corrélation, observée chez certains poissons et oiseaux, est établie dans l'ordre des mammifères.
«Cette étude doit certainement être interprétée avec prudence : elle ne met pas en évidence l'apparition de mutations pathogènes dans la descendance, souligne Evelyne Sage, spécialiste au CNRS-Institut Curie des lésions de l'ADN causées par les radiations ionisantes et les agents chimiques. En revanche, elle relève un surcroît de mutations dans des régions de l'ADN qui n'ont pas de rôle fonctionnel et qui sont très instables. C'est un indicateur qui devrait donner l'alerte.» L'observation de l'équipe de Christopher Somers est en effet auss




