Penly (Seine-Maritime), envoyée spéciale.
«Ici, tout le monde y est favorable», affirme le maire de Penly, Michel Demouchy. A une quinzaine de kilomètres au nord de Dieppe (Seine-Maritime), entre la route nationale et la falaise crayeuse, ce bourg de 380 habitants vit déjà au rythme de la centrale nucléaire EDF depuis 1990. Alors, si le gouvernement déclare dans les jours qui viennent qu'il choisit le site de Penly pour implanter le prototype de l'EPR (le réacteur nucléaire de troisième génération), comme la rumeur l'annonce avec insistance, ils seront tous contents. Les patrons de l'hôtel-restaurant Au renouveau, fréquenté par des prestataires ou des visiteurs de la centrale, sont catégoriques : «On n'en attend que du bonheur.» Ils ont promis, le jour venu, de faire la fête avec le garagiste, nostalgique de la belle époque de la construction des deux premières tranches. Dans un pavillon, Sophie, poissonnière à Neuville, apprécie la manne financière de la centrale : «On a tous la télévision câblée, et les sorties pour les enfants comme la location de la salle des fêtes sont moins chères.» Sa voisine renchérit : «On vit déjà avec deux réacteurs», alors, pensez, la construction d'un troisième, «ça ne change rien».
«Ballon d'oxygène». Chez les élus locaux, même son de cloche. «Sans la centrale, c'est le désert économique», selon Daniel Joffroy, président de la communauté du Petit Caux, qui regroupe 18 communes (7 500 habitants). Le port de Dieppe va très mal, le taux de chômage e




