Avec l'été, elles reviennent. Parmi elles, Caulerpa taxifolia, l'algue qui envahit la Méditerranée et défraya la chronique dans les années 90. Elle est toujours là. Quasi invincible aujourd'hui. Il y a vingt ans, elle aurait pu être éradiquée, mais rien ne fut décidé. Une guerre de laboratoires prit le pas sur l'alarme lancée par les scientifiques. Le gouvernement ne sut que décider. Si elle n'a pas fait tous les dégâts annoncés, la taxifolia a colonisé 17 nouvelles zones en France en 2003 pour occuper une surface de 17 000 hectares en Méditerranée. Ce n'est pas tout, une nouvelle venue s'attaque à nos côtes, proliférant à vive allure, la Caulerpa racemosa.
Bec et ongles. Sur la route qui va de Marseille à Nice, Alexandre Meinesz, qui dirige le laboratoire Environnement marin littoral à l'université de Nice, montre le mimosa qui colonise peu à peu les terrains : «Il vient d'Australie mais ici il domine. Sous ses feuilles acides, tout est modifié. Il élimine d'autres espèces, comme les arbousiers.» Partout où il passe, Alexandre Meinesz repère les plantes envahissantes, la deuxième cause de disparition d'espèces après la destruction de l'habitat. Mais sa véritable passion, ce sont les algues. Il leur a consacré une thèse, et le hasard l'a amené à pister la Caulerpa taxifolia, qui apparut non loin de son laboratoire. Précisément sous les fenêtres de l'aquarium de Monaco (1). Depuis, les analyses ont montré que la taxifolia présente en Méditerranée était bien de la même souche q




