Le poisson qui arrive dans notre assiette correspond a priori au nom écrit à la craie sur les tablettes du poissonnier. Rien n'est moins sûr, à en croire une étude américaine parue dans Nature (1).Peter B. Marko et ses collègues ont réalisé des analyses moléculaires sur les poissons vendus sous l'appellation «vivaneau campêche» chez neuf grossistes de huit Etats américains. Résultat : les trois quarts ne sont pas du Lutjanus Campechanus, seule espèce à pouvoir être légalement vendue sous ce nom. A la place, ils ont trouvé d'autres vivaneaux, très proches morphologiquement, des variantes atlantiques alors que le vivaneau évolue dans le golfe du Mexique , et même des espèces dont les molécules n'ont jamais été analysées.
«Capturés illégalement». Le phénomène, s'il surprend par son ampleur, n'est pas isolé. Les chercheurs canadiens connaissent le problème : «Actuellement, des poissons labellisés comme du loup de mer chilien pourraient ne pas être du loup et avoir été capturés illégalement en Atlantique, près des territoires français ou australiens, explique Reg Watson, de l'université de Colombie britannique, au Canada. Ils sont présentés à côté des poissons locaux et leur label ne mentionne pas le problème.» «En France aussi le phénomène est courant», ajoute Christian Dintheer, directeur adjoint du département ressources halieutiques de l'Ifremer. Et sans avoir recours à l'illégalité: «L'appellation colin regroupe le lieu noir, une espèce sans grande richesse, et le merlu, u




