Delta du Danube, envoyé spécial.
Du haut de son mirador, Mihai, garde-frontière roumain, surveille la rive ukrainienne. Seule une aigrette vient troubler le silence de cette journée tranquille et ensoleillée. A 200 mètres du poste frontière, de l'autre côté du Danube, c'est le canal Bastroe qui, quelques kilomètres plus loin, se jette dans la mer Noire. Ce canal fait scandale depuis que les Ukrainiens ont décidé de l'élargir et de l'approfondir en vue de le rendre navigable pour les paquebots de grand tonnage. Lundi, le ministre roumain des Affaires étrangères, Mircea Geoana, a redemandé avec insistance qu'un groupe d'experts indépendants analyse l'impact «écologique et économique» de ce chantier sur la réserve protégée du delta du Danube.
Premières victimes. Début mai, les gardes-frontières roumains se sont rendu compte que «quelque chose se passait» sur l'autre rive du fleuve. «Deux bateaux dragueurs ont circulé quelques jours», explique Mihai. Ces bateaux, qui servent à curer le fond des eaux, sont utilisés pour approfondir le canal Bastroe. C'est à ce moment-là que l'Ukraine annonce son intention de commencer des travaux, qui ne devraient pas être achevés avant 2008. Les raisons invoquées sont économiques : pour l'heure, les bateaux ukrainiens doivent emprunter le canal roumain de Sulina pour relier la mer Noire à la partie ukrainienne du Danube. Selon Kiev, le nouveau canal permettrait de gagner de l'argent car les embarcations locales n'auraient plus à s'acquitter des ta




