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Un plateau perdu pour les éléphants

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La construction du barrage menacerait les 200 à 300 pachydermes de la région.

Publié le 08/09/2004 à 2h02

Bangkok de notre correspondant

Pour certains experts de l'environnement, le coût écologique du projet de Nam Theun (lire ci-dessus) n'est pas acceptable. Outre l'impact sur les ressources en poisson du fleuve Xe Bang Fai ­ et donc sur les pêcheurs ­, ils critiquent la menace que fait peser le barrage sur la survie à long terme des 200 à 300 éléphants sauvages vivant sur le plateau de Nakai, qui doit être partiellement inondé. «Il s'agit de l'un des deux derniers groupes importants d'éléphants d'Asie du Sud-Est. L'inondation de cette région, c'est comme une balle dans le coeur de la zone fréquentée par les éléphants», estime Robert Steinmetz, biologiste pour l'antenne thaïlandaise du WWF.

Braconnage. Cette étroite portion du Laos central, coincée entre la Thaïlande et le Vietnam, présente une combinaison d'habitats idéale pour les mouvements saisonniers des pachydermes : terrain plat, nombreux affleurements minéraux, marais et forêts peu denses en bordure du fleuve. L'immersion de 450 kilomètres carrés du plateau de Nakai va limiter de façon drastique la zone d'habitat des éléphants, ce qui, disent ces experts animaliers, accroîtra leur vulnérabilité. «Le risque est que la population d'éléphants se scinde en multiples petites poches. Des petits groupes isolés sont beaucoup moins résistants face au braconnage, à la maladie, à l'incendie ou à la sécheresse qu'une horde plus importante vivant dans une large zone, explique Robert Steinmetz. Les plus petits groupes peuvent disparaît

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