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Libération

La tuberculose hors contrôle sur le continent africain

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Publié le 27/10/2004 à 2h44

Un test de diagnostic qui date de la fin du XIXe siècle et ne dépiste pas la moitié des malades ; un traitement de six à huit mois avec de «vieux» médicaments à l'efficacité limitée ; des échecs thérapeutiques ingérables ; et, au final, 2 millions de morts par an, principalement en Afrique. «La stratégie de lutte contre la tuberculose est un échec», regrette Jean-Hervé Bradol (président de Médecins sans frontières), qui dénonce l'«inertie» des autorités face à cette infection pourtant curable. Ce coup de gueule de l'ONG, qui prend en charge 20 000 tuberculeux par an, survient à la veille d'une conférence internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires (1).

Anarchie. Principal accusé : le Dots (traitement de courte durée sous supervision directe), stratégie mise en place au milieu des années 90 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). «Le Dots a été un progrès», reconnaît Jean-Hervé Bradol. Mais les limites sont aujourd'hui atteintes, constatent les médecins sur le terrain. «La tuberculose continue à augmenter en Afrique, notamment à cause de l'épidémie de sida. C'est d'ailleurs la première cause de décès chez les patients VIH», note le Dr Matthys, spécialiste de la tuberculose à MSF. Cette coïnfection concerne 12 millions de personnes, dont les deux tiers en Afrique subsaharienne.

Principal hic de la stratégie actuelle : le diagnostic, qui dans les pays en voie de développement repose sur l'examen microscopique des crachats. Entre les formes extrapulmo

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